Le Conseil général a validé lundi soir le texte qui prévoit un déficit de près de 6,6 millions de francs. Une proposition sur les investissements a fâché le groupe PLR qui s'est abstenu, comme l'UDC, lors du vote final.
La Ville de Neuchâtel est dotée d’un budget pour l’année 2026. Le Conseil général a donné son aval lundi soir par 28 oui, 0 non et 11 abstentions à la mouture qui prévoit un déficit de près de 6,6 millions de francs. Un vent de contestation a toutefois soufflé dans les rangs du groupe PLR, d’où sont venues les abstentions, ainsi qu'au sein de l'UDC. Selon le porte-parole PLR Benoît Zumsteg, le temps est venu de faire des choix sur les prestations qui sont délivrées pour tendre à l’équilibre. A ses yeux, les mesures d’économie réalisées sur les biens, services et marchandises arrivent à leur limite. Les élus libéraux-radicaux ont par ailleurs menacé de refuser purement et simplement le budget face à la volonté du Conseil communal de sortir du calcul du degré d’autofinancement les investissements dans les domaines autoporteurs, notamment ; une pratique déjà adoptée par le Canton. Pour le groupe PLR, cela conduira à faire gonfler encore la dette qui devrait atteindre 713 millions de francs l’an prochain. L'UDC s'est également abstenu au moment du vote.
Le groupe vert’libéral, par la voix de Sylvie Hofer Carbonnier, estime également qu’il est temps de toucher aux prestations. L’élue s’est déclarée préoccupée par les perspectives en berne en matière de recettes fiscales et l’augmentation des effectifs au sein de l’administration.
Un regard plus serein à gauche sur les finances
La gauche ne pose quant à elle pas le même regard sur ce budget 2026. Pour le groupe VertsPopSol, le texte « va dans le bon sens, avec des économies structurelles ». Sa porte-parole Nicole Galland s’est toutefois inquiétée du délai de carence de trois mois que le Conseil communal souhaite appliquer lors d’un départ au sein de l’administration, par mesure d'économie. Le groupe craint que cela ne créée une surcharge pour les équipes qui restent en place.
Le groupe socialiste, par la voix de Loïc Muhlemann, a lui évoqué « des arbitrages cohérents ». L’élu a salué « la préservation des prestations et des investissements et le renoncement à des coupes trop drastiques. »
Le conseiller communal en charge des finances Jonathan Gretillat a rappelé que la situation reste délicate. Les charges de transfert sont en hausse de 4,5 millions de francs par rapport au budget 2025 et les revenus fiscaux ne devraient que peu augmenter (+ 1,6 million de francs, selon les prévisions). L’exécutif entend étudier à l’avenir la possibilité d’internaliser certaines tâches aujourd’hui externalisées, dans le but de dégager de nouvelles économies.
Pour éviter que le budget ne soit pris en otage par le groupe PLR, le Conseil communal a par ailleurs proposé un amendement visant à repousser certains investissements pour rester dans le plafond du règlement actuel. L’amendement ayant été accepté, ce sont ainsi un peu plus de 2,3 millions de francs d’investissements qui ont été retranchés pour 2026.
Dans le cadre des débats sur le budget, le Conseil général a par ailleurs validé l’enveloppe budgétaire quadriennale dotée de près de 3,5 millions de francs et destinée au Musée d’art et d’histoire, au Muséum d’histoire naturelle, au Musée d’ethnographie et au Jardin botanique. Le législatif a aussi validé la réduction des heures d'ouverture des structures d'accueil parascolaire dès la rentrée d'août 2026. /sbm









