Un écrin en béton pour de fragiles pièces d’horlogerie. Le MIH célèbre les 50 ans de son bâtiment à La Chaux-de-Fonds. Un édifice remarquable, tout en béton, qui a été enterré pour s’intégrer aux constructions d’un autre temps, déjà présent dans le parc des Musées.
Un bâtiment remarquable, tout en béton, caché sous terre. Le Musée international d’horlogerie célèbre cette année les 50 ans de son écrin.
Il est le fruit d’un concours d’architecture remporté par le Chaux-de-Fonnier Georges-Jacques Haefeli et le Zurichois Pierre Zoelly. Le chantier qui avait démarré en 1972 et s’était achevé en 1974.
Il s’agissait, pour les autorités de l’époque, « d’exposer l’horlogerie, parce que c’est vraiment une des caractéristiques de la ville », explique Denis Clerc, ancien architecte communal et président de la section neuchâteloise de patrimoine suisse.
« A l’époque, il fallait célébrer l’industrie horlogère d’une manière un peu plus évidente qu’auparavant. »
Le projet d’Haefeli et Zoelly est audacieux. Il prévoit d’enterrer le musée, ne laissant apparaitre à l’air libre que quelques éléments. Il s’agissait d’intégrer cette nouvelle structure aux deux bâtiments déjà existants dans le parc des Musées : la villa Sandoz (qui abrite le Musée d’histoire) construite au 18e siècle et le Musée des Beaux-arts conçu par Charles L’Eplattenier. Mettre sous terre le MIH « était la bonne réponse à une situation pas facile », estime Denis Clerc.
« L’idée de (…) faire un musée souterrain est un parti pris assez intéressant. »
L’essentiel du bâtiment est en béton, mais « d’une certaine qualité », explique Denis Clerc. Haefeli et Zoelly « sont des artistes du béton. Ils apportent un soin tout particulier à la réalisation de ce béton. »
« On sent encore les planches du coffrage. »
Dès 1974, La Chaux-de-Fonds peut se targuer d’avoir su regrouper dans un même parc trois de ses institutions muséales. Un modèle pas fréquent, « assez exceptionnel ». Le site pourrait accueillir un autre bâtiment, témoin de l’époque contemporaine, estime Denis Clerc. La question a déjà été évoquée par le passé.
« Ça a failli être réalité. »
L’heure n’est pas à l’évocation d’un éventuel nouveau bâtiment dans le parc des Musées, mais plutôt à la fête, celle du 50e anniversaire du MIH. Au programme ce samedi et ce dimanche, visites guidées, ateliers et démonstrations d’automates, performances artistiques et restauration. Le Musée international d’horlogerie profitera de ce week-end pour présenter au public une horloge nocturne exceptionnelle, conçue en 1682 par Pietro Tommaso Campani, une figure emblématique de l’horlogerie italienne. /cwi