D’ici mercredi prochain certains produits suisses exportés vers les États-Unis pourraient être surtaxés de 31%. La décision de Donald Trump sidère le monde politique helvétique, qui va devoir négocier avec les États-Unis ou se tourner vers d’autres partenaires financiers, selon Stéphane Garelli.
« C’est une décision politique qui déjoue les logiques économiques. » L’annonce du président américain a fait grand bruit en Suisse et en Europe. Une taxe de 31% sera imposée aux exportations suisses vers les États-Unis. « C’est un système très complexe qui ne s’applique pas de la même manière à tout le monde », explique Stéphane Garelli, professeur de compétitivité mondiale à l’IMD (International Institute for Management Development), basé à Lausanne. « Du point de vue économique ça ne fait pas beaucoup de sens. On est dans de la politique à l’état pur », détaille le spécialiste.
Stéphane Garelli : « Ça ne peut que conduire à un ralentissement de l’économie mondiale. »
Le dispositif est donc complexe et s’articule en deux parties : un droit de douane plancher de 10% sur toutes les importations dès samedi. À cela s’ajoutent, dès mercredi, des taxes supplémentaires pour certains pays qualifiés d’hostiles. Elles seront de l'ordre de 31% pour la Suisse. « Pour l’instant, il est difficile de savoir quels secteurs seront les plus touchés », poursuit Stéphane Garelli.
« La mise en application d’un tel système va être compliqué pour l’administration américaine. »
Les réactions prévues par le gouvernement veulent éviter une escalade. La présidente de la Confédération Karin Keller-Suter a affirmé lors d'une conférence de presse ce jeudi après-midi que la Suisse renonçait à des contre-mesures directes. La négociation est donc une possibilité pour la Suisse, mais loin d’être la seule selon Stéphane Garelli. L’ouverture vers d’autres partenaires commerciaux internationaux offrirait de belles perspectives pour notre pays.
« Donald Trump est un joueur de poker, c’est difficile de savoir ce qu’il veut. »
Le professeur pense qu’il ne faut cependant pas se précipiter. « Il faut attendre que la situation se calme, afin d’y voir un peu plus clair ». Et d’ajouter que la situation pourrait encore évoluer d’ici à mercredi prochain : « Donald Trump est un spécialiste pour changer d’avis rapidement. »/crb









