La présence de travailleurs sociaux aux abords du Centre fédéral d’asile de Boudry semble contribuer à l’apaisement de la situation et des relations. Le bilan de la première année de test est plutôt positif, ainsi le projet est prolongé en 2025. Mais malgré l’embellie, les défis restent quotidiens, explique Florence Nater.
Les travailleurs sociaux continuent leur mission auprès de la population et des requérants d’asile à Boudry. Un projet-pilote s’est déroulé tout au long de l’année dernière aux abords du Centre fédéral d’asile (CFA) de Perreux. Il a été mis sur pied par le Canton de Neuchâtel et le Secrétariat d’État aux migrations pour répondre au mécontentement et aux craintes exprimés par des habitants de Boudry. Deux travailleurs sociaux vont à la rencontre de la population, des commerçants et des demandeurs d’asile pour tenter de répondre aux interrogations, écouter et informer. Le bilan, après cette phase pilote est globalement positif, estime Florence Nater. La situation semble un peu plus paisible et les relations entre les habitants de Boudry et les requérants d’asile de Perreux est moins problématique, développe la conseillère d’État en charge de la cohésion sociale. Et ce n’est pas uniquement grâce à la présence des travailleurs sociaux de proximité. « Ça fait maintenant plusieurs mois que le Centre fédéral a un taux d’occupation inférieur à la capacité convenue du Centre », précise la conseillère d’État en charge de la cohésion sociale. « Les mesures qui ont été déployées en matière de sécurité dans les transports publics sont aussi propices à renforcer ce sentiment de sécurité. »
Florence Nater : « Aller de façon encore plus proactive et plus ludique à la rencontre de la population. »
Mais bien qu’il y ait une embellie, Florence Nater tempère : les défis sont quotidiens. « Je pense que c’est un travail au long-court », explique la ministre socialiste, faisant référence à la réforme fédérale de l’asile, entrée en vigueur en 2019.
« Probablement qu’on n’a pas suffisamment pensé l’analyse avec l’environnement local. »
Selon les retours du terrain, le sentiment d’insécurité est toujours présent au sein de la population. Le travail doit donc être poursuivi. Mais au-delà de ça, les travailleurs sociaux indiquent qu’ils ont été bien accueillis par la population et par les requérants. « C’est aussi pour eux l’occasion de poser un certain nombre de questions », relève Florence Nater.
« Ce qui montre la complexité de ce domaine, c’est la situation des requérants qui sont déboutés. »
Fort de ce bilan positif et de ce constat encourageant, le dispositif a été prolongé pour 2025. La conseillère d’Etat a l’intention de prolonger le déploiement des travailleurs sociaux de proximité en tout cas en 2026. Elle espère également que dans le cadre de l’analyse de la réforme de l’asile, « on puisse inscrire ce type de mesure comme étant naturel et nécessaire à la cohabitation d’un CFA avec la population locale ». Ainsi Florence Nater souhaite pérenniser cette présence sociale à Boudry.
« On doit pouvoir travailler dans la durée. »
Florence Nater insiste sur le fait que cette présence de travailleurs sociaux de proximité va continuer d’évoluer « parce que la mission évolue en fonction du terrain ». /lgn









