Un printemps pluvieux qui divise. Ce mois de mai a été très arrosé. Alors que le soleil pointe le bout de son nez pour quelques jours, c’est bien la pluie qui n’en a fait qu’à sa tête ces derniers temps. Pour le meilleur comme pour le pire. Le meilleur ce sont les réserves d’eau qui sont bien remplies et le pire c’est l’impact sur les cultures.
Réserves pleines
Le positif tout d’abord. Avec toutes les précipitations de ces dernières semaines, les nappes phréatiques sont pleines et les sources des cours d’eau également. Et ce n’est pas juste qu’elles se remplissent bien. Selon Isabelle Butty, hydrogéologue cantonale et cheffe de la section sol et eau du Service de l’énergie et de l’environnement, on est en train de combler les lacunes accumulées en 2023. Depuis le mois d’octobre, les précipitations étaient en tout cas au niveau des moyennes mensuelles, voire au-dessus. Une très bonne nouvelle pour les réserves de tout le canton !
Isabelle Butty : « On est en train de combler les lacunes accumulées en tout cas en 2023. »
Les réserves d’eau du canton, que ce soit les sources des cours d’eau ou les nappes phréatiques, sont donc pleines. Du très positif, d’autant plus que la qualité de l’eau ne devrait pas être trop altérée par l’abondance de pluie, selon Isabelle Butty. Ces larges réserves permettent également aux communes d’aborder l’été avec un peu plus de confiance que ces dernières années. Du côté de Val-de-Travers, Yves Fatton nous a expliqué qu’il devrait être possible de passer la saison dans de bonnes conditions. Mais le conseiller communal reste prudent et attentif, puisqu’on ne sait pas comment vont se passer les mois de juillet et d’août. Même son de cloche à Val-de-Ruz. Le conseiller communal Daniel Geiser se réjouit principalement de pouvoir garantir à la population un accès à de l’eau de leur propre source.
Daniel Geiser : « On sait qu’à un moment donné, la fourniture va un peu diminuer. »
Les cultures ont un mois de retard
Cette grande quantité de précipitations ne fait pas que des heureux ! Du côté de la Chambre neuchâteloise d’agriculture et de viticulture (CNAV), c’est un peu la soupe à la grimace. Son directeur Yann Huguelit explique que les cultures ont environ un mois de retard. L’abondance de pluies freine le développement de certaines plantes, nécessite de recommencer des semences et font proliférer différentes maladies fongiques.
Yann Huguelit : « La pluie n’a offert que de très faibles ouvertures pour intervenir dans les champs. »
Le maïs se développe beaucoup avec le soleil. Et si une période plus sèche arrive avant que la plante ait pu créer d’assez longues racines afin qu’elle puisse aller chercher de l’eau en profondeur, le maïs n’arrivera pas à maturité. « On a beaucoup d’inquiétudes avec cette culture », reconnaît Yann Huguelit.
La vigne aussi demande déjà beaucoup d’intervention à cause du mildiou et de l’arrivée de l’oïdium. Mais c’est, là également, difficile d’accès puisque les terrains sont très humides.
Du côté du fourrage, la quantité est là, mais pas forcément la qualité. Les herbages ont poussé rapidement, et même trop puisque le bétail n’arrive pas à suivre le rythme. De plus, les agriculteurs ont besoin de plusieurs jours de beau et de sec pour pouvoir récolter et surtout sécher le fourrage, ce qui n’est pas le cas ce printemps.
Yann Huguelit : « On n’a pas encore les plages météo nécessaires pour faire du fanage au sol. »
Globalement, les agriculteurs espèrent plus que jamais que l’adage : « Après la pluie vient le beau temps », se réalise. /lgn