Cressier au cœur d’un exercice militaire d’envergure

Du 1er au 9 mai, l’Armée suisse met en place l’exercice LUX 23 dans les cantons de Neuchâtel ...
Cressier au cœur d’un exercice militaire d’envergure

Du 1er au 9 mai, l’Armée suisse met en place l’exercice LUX 23 dans les cantons de Neuchâtel, Genève, Vaud et Berne. 4'000 militaires s’entraînent en vue d’une attaque sur une infrastructure critique, comme la dernière raffinerie du pays

Plusieurs centaines de militaires sont déployés pour protéger la raffinerie lors de cet exercice LUX 23. (photo : KEYSTONE/Martial Trezzini) Plusieurs centaines de militaires sont déployés pour protéger la raffinerie lors de cet exercice LUX 23. (photo : KEYSTONE/Martial Trezzini)

La raffinerie de Cressier ou l’aéroport de Genève dans le viseur d’une milice armée. C’est le scénario imaginé par l’exercice militaire LUX 23, lancé par l’Armée suisse le lundi 1er mai, et qui se poursuivra jusqu’au 9 mai. Au total, quelque 4'000 militaires sont mobilisés pour prendre part à cette opération d’envergure qui se déroule en Suisse romande dans les cantons de Vaud, Genève, Neuchâtel et Berne.


Une protection « indispensable »

Depuis mercredi, c’est en partie à Neuchâtel que l’exercice prend ses quartiers et plus précisément autour de la raffinerie de Cressier. « C’est un site stratégique national, puisque c’est la dernière raffinerie en activité en Suisse. Même s’il n’y a pas de menace à l’heure actuelle, cet exercice est indispensable pour pérenniser la sécurité de cette infrastructure », explique le conseiller d’État en charge de la sécurité, Alain Ribaux. En termes de moyen humain, l’opération nécessite « plusieurs centaines de militaires, des moyens au sol, sur les plans d’eau et de l’observation aérienne », souligne Yvan Keller, chef d’État-Major de la Police neuchâteloise.

C'est à bord d'un hélicoptère Super Puma (TH06) que les dirigeants de l'opération LUX 23 sont arrivés sur le site de Cressier jeudi matin. C'est à bord d'un hélicoptère Super Puma (TH06) que les dirigeants de l'opération LUX 23 sont arrivés sur le site de Cressier jeudi matin.

Le scénario de protection de la raffinerie prévoit également la destruction du QG de l'adversaire fictif lors d'un raid avec munitions de combat sur la place de tir des Pradières. La partie neuchâteloise de cet exercice LUX 23 se terminera vendredi à midi.


Collaboration comme maître mot

L’opération globale, elle, se poursuivra jusqu’au 9 mai. Prévu dans une grande partie de la Suisse romande, l’exercice doit permettre « d’entraîner la collaboration entre l’armée, les polices cantonales, l’Office fédéral des douanes et de la protection des frontières et les autorités en vue d’une attaque réelle », précise le commandant de la division territoriale 1, Mathias Tüscher. « Ce type d’opération devrait être organisé tous les 4 à 6 ans, mais pas davantage. La préparation de ces exercices est chronophage et il faut ensuite du temps pour mettre en œuvre les enseignements qu’ils nous apportent », ajoute le divisionnaire.

Le dernier grand exercice militaire helvétique en date remonte à fin 2022. Baptisé Pilum 22, il s'était déroulé dans cinq cantons alémaniques et avait mobilisé plus de 5000 militaires. Il faut ensuite remonter jusqu’à 1989, où l'opération Casius avait rassemblé 25'000 personnes, pour trouver la trace d’un aussi grand exercice militaire sur le sol suisse. /gjo


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