De la Berne fédérale à Neuchâtel, les politiciens réagissent à la nouvelle hausse des primes pour 2027. Les mesures correctrices en cours suffisent-elles ou faut-il une révolution du système ? Les réponses d’Elisabeth Baume-Schneider, Baptiste Hurni et Florence Nater.
C’est une (douloureuse) tradition de fin septembre : l’annonce des hausses de primes d’assurance maladie. En 2027, l’augmentation sera de 5% en moyenne en Suisse. La prime moyenne se montera ainsi à 412 francs. A Neuchâtel, canton parmi les plus chers en la matière, l’ardoise va grimper de 5,4%. Le Jura subit la plus forte progression du pays avec une progression de 6,6%. Et le canton de Vaud l’une des plus faibles, de l’ordre de 3,5%.
Le Conseil fédéral est en train de mettre en place plusieurs mesures, dont EFAS, la réforme de la LAMal qui harmonise le financement des soins stationnaires et ambulatoires, « qui valorise les traitements ambulatoires », rappelle la Conseillère fédérale en charge de la santé, Elisabeth Baume-Schneider. Elle cite aussi une « reprise en main de la régulation en matière de proches aidants », après « des excès dans certains modèles économiques ». « On a des mesures d’économies sur des rabais qu’obtiennent certains prestataires médecins, à récupérer au profit des assurés, des rabais de quantités sur les médicaments décidés par le Parlement. » Ces dizaines de millions pour chaque mesure se traduisent par « quelques dizaines de francs pour la population ».
Elisabeth Baume-Schneider : « Ces économies, ce sont quelques dizaines de francs pour la population. »
Mais certains appellent à une réforme plus profonde du système de santé. Sénateur socialiste et vice-président de l’Organisation suisse des patients, Baptiste Hurni est de ceux-là. « Vous payez la même prime que Madame Blocher qui est milliardaire, ça ne va pas, ça fait peser une charge incroyable sur la classe moyenne et sur les familles, c’est encore pire. Sur le montant de la facture, il faut prendre des mesures pour éviter que certains acteurs profitent du système. Si on continue comme ça encore cinq ou six ans, plus personne n’arrivera à payer. »
Baptiste Hurni : « Vous payez la même prime que Madame Blocher qui est milliardaire, et ça ne va pas. »
La progression de 5,4% observée à Neuchâtel inquiète le Château. D’autant que cette progression ne s’explique pas de manière rationnelle, selon Florence Nater, conseillère d’Etat en charge de l’Economie : « C’est un vrai défi pour le budget 2027. L’enveloppe totale pour les subsides d’assurance-maladie atteint 175 millions de francs avec le maintien des mesures prises ces dernières années. Inscrire ce montant dans la durée est un vrai enjeu. »
Que pense la ministre socialiste de l’initiative du PS suisse, qui veut corréler le montant des primes au revenu ? « Le système actuel ne tient plus la route. Repenser le financement avec peut-être un peu plus de solidarité me paraît une réflexion intéressante », répond Florence Nater.
Florence Nater : « Un peu plus de solidarité dans le système me paraît une réflexion intéressante. »
Les assurés ont jusqu’à fin novembre pour éventuellement changer de caisse. Dans la Matinale de ce mercredi, la rédaction de RTN reçoit Bastien Victor Maire, Directeur Neuchâtel Assurance. /aju-vco-lgn-mvu









