Les consultations en pharmacie n’attirent pas les foules à Neuchâtel

L’augmentation des primes maladie ravive le débat sur les coûts de la santé. Parmi les pistes ...
Les consultations en pharmacie n’attirent pas les foules à Neuchâtel

L’augmentation des primes maladie ravive le débat sur les coûts de la santé. Parmi les pistes pour les faire baisser, la consultation en pharmacie, sans passer par un médecin, existe depuis 2019. Son impact semble toutefois anecdotique dans le canton.

Depuis 2019, il est possible de consulter en pharmacie pour l'obtention de certains médicaments sous ordonnance. (Photo : illustration) Depuis 2019, il est possible de consulter en pharmacie pour l'obtention de certains médicaments sous ordonnance. (Photo : illustration)

Comment faire baisser les coûts de la santé ? La question est de retour sur toutes les lèvres après l’annonce hier de l’augmentation des primes maladie pour 2025. Dans le canton de Neuchâtel cette hausse s’élève en moyenne à 4,6%.

Parmi les solutions avancées pour désengorger les médecins généralistes et les urgences, les consultations directement en pharmacie existent depuis 2019. Certains médicaments normalement soumis à ordonnances peuvent y être remis au patient après une anamnèse. Concrètement, il est possible de consulter son pharmacien pour certains problèmes du quotidien comme la conjonctivite, la toux ou les problèmes vaginaux. En revanche, certains cas nécessitent de passer directement par son généraliste, notamment lorsque l’on est une femme enceinte ou lorsqu’un traitement plus spécifique est nécessaire. Le patient sera alors redirigé vers son médecin, les urgences ou la voie verte.


Une demande modérée

Bien qu’aucune étude n’existe pour permettre de quantifier la demande, les pharmaciens neuchâtelois estiment qu’elle est relativement faible. « C’est plutôt des patients qui viennent au comptoir et on se rend compte qu’il leur faudrait une proposition supplémentaire. Après ces patients ont tendance à revenir pour un autre avis », précise Sylvain Bel, président de l’ordre neuchâtelois des pharmaciens. Il ajoute toutefois observer une légère augmentation des demandes.

Sylvain Bel : « À la base, on n’avait pas beaucoup de patients qui venaient demander la consultation du pharmacien. »

Plus qu’une solution pour faire baisser les coûts de la santé, Sylvain Bel estime que cette mesure contribue à empêcher une trop forte hausse. « Le but principal est d’effectuer un triage pour que les patients qui n’en ont pas la nécessité ne se rendent pas aux urgences. »

De son côté, Baptiste Hurni estime également qu’il s’agit d’une mesure plutôt anecdotique en comparaison aux coûts généraux de la santé. Le président de la section romande de la fédération suisse des patients estime toutefois qu’elle peut s’avérer utile dans certains cas, notamment dans un cas de pénurie de médecins généralistes. 

Le Neuchâtelois s’inquiète toutefois de voir les mêmes personnes qui prescrivent les médicaments les vendre : « On espère vraiment qu’il n’y ait pas d’incitatif à remettre ceux qui sont les plus chers. » Sylvain Bel rappelle que les pharmaciens sont tenus de se référer à une liste émise par la confédération, ce qui permettrait ainsi d’éviter les abus.

Baptiste Hurni

Une prestation à la charge du patient

À noter que les consultations en pharmacie ne sont pas obligatoirement remboursées par les assurances. Une situation problématique selon Baptiste Hurni qui s’inquiète d’un déplacement des coûts vers la population. Les prix de ces prestations varient d’une pharmacie à une autre, mais ils se situent généralement entre 10 et 30 francs selon les cas, affirme Sylvain Bel.

Sylvain Bel

Le président de l’ordre des pharmaciens observe que cela permet à une certaine tranche de la population d’accéder à des soins moins chers : « Souvent ce sont les personnes entre 25 et 40 ans qui ont recours à cette possibilité car ils ont une franchise élevée ou n’ont pas de généralistes. Dans ce premier point de triage, on peut leur faire des propositions qui sont à leur charge, mais qui sont moins chères qu’un passage par le parcours médical classique. » /cde

Baptiste Hurni


Actualités suivantes

Articles les plus lus