Le nouveau système de tarification médicale suisse est entré en vigueur le 1er janvier. Selon les médecins neuchâtelois, il est encore trop tôt pour tirer un premier bilan, mais cette solution a l’avantage d’être évolutive.
Au revoir Tarmed, bonjour Tardoc. Depuis le 1er janvier, tous les médecins de Suisse se servent d’un nouveau système tarifaire. Les objectifs poursuivis par la réforme sont de simplifier le système, de le rendre plus souple et évolutif, et de valoriser les médecins de famille (les généralistes et les pédiatres) sans entraîner de hausse globale des dépenses de santé. Ce changement est porté par les partenaires tarifaires (FMH, santésuisse, H+), avec la Confédération dans un rôle de supervision. S’il est trop tôt pour tirer un premier bilan de l’efficacité de la réforme, certains de ses aspects chamboulent déjà la vie des médecins. C’est le cas de la facturation à la minute. « Avant, c’étaient plutôt des blocs des cinq minutes », explique Dominique Bünzli, président de la Société neuchâteloise de médecine (SNM). Les logiciels utilisés par les médecins permettent de tenir compte précisément du temps de parole lors des examens.
Dominique Bünzli : « Nos logiciels ont un chronomètre. »
Autre changement, destiné à mettre en valeur les médecins de famille : certains gestes médicaux seront désormais facturés à l’acte plutôt qu’au temps. « Ça concerne principalement les examens cliniques », explique Dominique Bünzli. Toute une série d’actes valent désormais six minutes et sont facturés comme tels, quel que soit le temps effectivement passé à les mener à bien. Un avantage pour les praticiens expérimentés capables de les accomplir plus vite que les six minutes réglementaires.
Dominique Bünzli : « C’est le socle sur lequel la valorisation des médecins de famille aura lieu. »
Actuellement, les médecins de famille gagnent parfois entre deux et trois fois moins que certaines autres spécialités.Autre concept introduit par Tardoc : les forfaits ambulatoires. Une solution qui concerne plutôt des spécialités opératoires : urologie, ORL, gynécologie, dermatologie, etc… Tout ce qui est en lien avec l’intervention chirurgicale est compris dedans. Pour le moment, les médecins de famille ne sont pas concernés par cet aspect.
Pas forcément plus simple
On a beaucoup présenté Tardoc comme une simplification, avec trois fois moins de positions tarifaires qu’auparavant (de 4'500 à 1'300). En ce qui concerne les médecins de recours, le nombre de prestations qui les concerne a plutôt augmenté. « Ce qui donne aussi une certaine transparence », selon Dominique Bünzli, puisque la mention sur la facture de certaines prestations (conseil, prestation psycho-sociale) permet de comprendre pour quelle raison les médecins ont dépassé une certaine durée lors de leur consultation. « Ça reste des factures assez difficiles à lire », reconnaît toutefois le président de la SNM.
Un système évolutif
Tardoc, c’est un système prévu pour être modifié en fonction des souhaits des différents acteurs du système de santé. Mais tout changement réclame plusieurs étapes : un débat au niveau des sociétés de discipline, puis au sein de la FMH, après quoi la discussion est transmise aux partenaires tarifaires et c’est au final le Conseil fédéral qui tranche. Un processus qui dure en principe deux ans.
Dominique Bünzli : « Le processus est quand même assez lent et complexe. »
Autre aspect de Tardoc qui fait l’objet de critiques de la part d’une partie de la profession : le Conseil fédéral a fixé une valeur limite annuelle de 4% d’augmentation des coûts. Un seuil qui ne doit en principe pas être modifié, pas même par des facteurs comme la démographie, le vieillissement de la population ou le transfert de l’hospitalier vers l’ambulatoire. /jhi









