Les statistiques sur le chauffage des bâtiments en Suisse ont été publiées mardi par l’OFS. Alors que la proportion de pompes à chaleur grimpe à 25% à l’échelle du pays, elle se fixe à moins de 10% dans le canton. Jean-Luc Juvet, expert indépendant, relativise cette statistique et se veut plutôt rassurant quant à la situation neuchâteloise.
Ce n'est une surprise pour personne : les énergies renouvelables grignotent petit à petit du terrain dans le mix énergétique suisse. L’Office fédéral de la statistique révélait mardi les derniers chiffres concernant le chauffage des bâtiments. Même si le mazout reste la principale source d’énergie dans ce secteur (33%), sa part diminue constamment depuis 40 ans. Les pompes à chaleur supplantent de plus en plus le fioul pour se fixer désormais à 25% de bâtiments raccordés. Le gaz chauffe quant à lui 17% des volumes au niveau national.
Neuchâtel à la traine
À Neuchâtel, la statistique est bien plus faible. Le mazout grignote trois points de pourcentage (36%) et la proportion de pompes à chaleur n’atteint pas les 10%. « On peut quand même être satisfait du score actuel, en tenant compte du futur. Dans le passé, les collectivités publiques neuchâteloises ont fait beaucoup d’effort dans le développement du gaz, ce qui implique aujourd’hui une certaine inertie dans le remplacement de cette énergie », explique Jean-Luc Juvet, ingénieur et conseiller en énergie basé au Val-de-Ruz.
Jean-Luc Juvet : « Les pompes à chaleur qui utilisent des sondes géothermiques sont moins fréquentes dans notre région karstique. »
Les pompes à chaleur ont aussi longtemps eu mauvaise presse, notamment en raison de leur incompatibilité avec le sol karstique jurassien, pour ce qui est de la technologie dite « sol-eau ». Désormais, les modèles « air-eau » sont accessibles et largement privilégiés, même si les remplacements de chaudières, qui ont une durée de vie d’environ 20 ans, prennent du temps.
Troisième élément, les bases légales, qui vont se renforcer dans les prochaines années, vont empêcher le renouvellement des chaudières à mazout par d'autres chaudières à mazout.
« Petit à petit, tous les cantons vont prendre des dispositions légales plus sévères. »
La particularité neuchâteloise du CAD
Si Neuchâtel est à la traine sur certains points, il a de bonnes statistiques au niveau des réseaux de chauffage à distance (13,5% du total). C’est même un lien historique, puisque le réseau de La Chaux-de-Fonds a été le premier de Suisse et va connaître une grande expansion ces prochaines années. « Il a un potentiel énorme dans les zones densément peuplées. Les communes doivent aussi faire des plans directeurs des énergies pour planifier les zones. » /lre









