Avec son projet de station de pompage au Nid-du-Cro, Viteos veut valoriser l’eau du lac de Neuchâtel dans le chauffage à distance du secteur de Monruz. Cependant, cette dernière pourra aussi amener du froid dans les habitations.
Valoriser l’eau du lac pour chauffer ou refroidir nos bâtiments. C’est ce qu’envisage de faire l’énergéticien Viteos avec son nouveau projet de station de pompage. Elle pourrait voir le jour sur la plage de Monruz, à l’est du port du Nid-du-Cro à Neuchâtel, d’ici 2028. Le projet a été mis à l’enquête publique. Ce « maillon central du futur réseau », selon l’entreprise, se servira d’eau du lac à environ 60 mètres de profondeur. « À cette distance, l’eau a une température stable de 7 degrés toute l’année », explique Thierry Matthey-Junod, directeur du département distribution multiénergie chez Viteos. À la différence des circuits « classiques » de chauffage à distance, celui-ci sera modulable entre l’apport en chaleur ou en fraîcheur. Ainsi en été, le circuit sera capable d’amener de l’eau dans les bâtiments, pour les refroidir. L’hiver, cette même eau sera chauffée dans différentes stations pour alimenter le CAD.
Thierry Matthey-Junod : « Cette température-là peut être utilisée pour du froid de confort. »
« Grâce à cette station, nous allons produire 23 GWH d’énergie par année pour le chauffage », détaille le directeur. Cela couvrira la consommation annuelle d’environ 1'100 ménages, estime Viteos. Le fonctionnement du CAD nécessitera également l’apport d’électricité afin de chauffer l’eau du lac dans le circuit. « Cet apport se fera principalement via des énergies renouvelables, types panneaux solaires », ajoute encore Thierry Matthey-Junod.
Un impact limité sur les rives et la faune
Cette infrastructure prendra place sur la plage, mais pas d’inquiétude, selon Viteos. Le lieu sera toujours accessible pour les promeneurs ou les baigneurs, après les travaux. « La structure sera intégrée dans l’environnement », assure Thierry Matthey-Junod. Ainsi la station de pompage sera entièrement enterrée et les points d’accès se « fondront dans le paysage », d’après le directeur.
« Cette zone doit rester dans l’état actuel. »
Pour ce qui concerne la faune, là aussi, l’impact sera très limité, estime l’énergéticien. « Le projet a fait l’objet d’une notice d’impact sur l’environnement », explique le directeur. Selon cette étude, l’eau rejetée dans le lac n’entraînera pas de réchauffement, sinon un léger refroidissement. « L’eau va être à peine plus froide par moment, mais dans le lac elle sera rapidement brassée », rassure Thierry Matthey-Junod.
Finalement, si aucune opposition ne pointe le bout de son nez, la construction de cette station de pompage pourra commencer début 2027 pour une mise en service prévue fin 2028. /crb









