En début d’année, Cornaux a vendu son réseau électrique au Groupe E. Elle faisait partie des dernières communes neuchâteloises à être totalement propriétaire de ses infrastructures. Dans le canton, la tendance est à la privatisation depuis plusieurs années, face aux importants investissements que nécessite la transition énergétique.
Les réseaux électriques sont de moins en moins l’affaire des communes. Depuis de nombreuses années, les communes neuchâteloises cèdent petit à petit leur réseau électrique au GRD (gestionnaire de Réseau de Distribution) comme Viteos, Groupe E ou encore Eli10. La dernière en date est Cornaux. Elle a vendu ses lignes à Groupe E, déjà gestionnaire depuis 2021, au 1er janvier pour environ 1,5 million de francs. Son président Jean-Maurice Cantin nous expliquait il y a deux semaines que cette décision était majoritairement financière. En effet, les infrastructures de la localité demandaient passablement d’investissements. Des charges trop importantes dans le budget des autorités. « Ce changement permet à Groupe E d’assurer le développement et la modernisation du réseau avec une vision à long terme », précise Stéphanie Ghinsberg Godfrine, porte-parole de Groupe E.
Stéphanie Ghinsberg : « On arrive à agir de façon complètement autonome pour financer et planifier ces évolutions. »
Cette tendance à la vente des infrastructures n’est pas nouvelle, explique le chef du Service de l’énergie et de l’environnement du canton de Neuchâtel (SENE), Yves Lehmann. « Cette organisation date d’il y a bien longtemps. Dans le cas de Viteos par exemple, les communes des montagnes se sont mises ensemble, puis avec la Ville de Neuchâtel, pour finalement fonder la société Viteos afin d’exploiter leur réseau », détaille le responsable. Quelques années plus tard, les localités du littoral font de même en créant Eli10.
Yves Lehmann : « Il était intelligent de se mettre ensemble pour gérer un réseau d’électricité. »
L’indépendance encore chérie par certaines communes.
Parmi les autorités encore propriétaires de leurs infrastructures, Milvignes est un cas particulier. En effet, son territoire est composé de deux régimes différents. D’une part, la commune possède les réseaux électriques des villages d’Auvernier et de Bôle, desservis par Eli10. D’autre part, les lignes de Colombier, alimentées par Groupe E, appartiennent au GRD. « Cette situation date d’avant la fusion », explique Roxane Kurowiak, conseillère communale responsable de l’énergie. Selon cette dernière, conserver la propriété de ses infrastructures comporte quand même certains avantages, notamment l’indépendance. « La population qui est prisonnière du détenteur de réseau privé n’a pas grand-chose à dire », précise la cheffe du dicastère.
Roxane Kurowiak : « C’est une question de maîtrise, tout simplement. »
« La commune a très peu d’influence sur les décisions de Groupe E », ajoute la conseillère communale. Ainsi le GRD propriétaire pourrait refuser d’effectuer certains travaux demandés par les autorités, si ces derniers ne sont pas prioritaires à leurs yeux. Une situation toutefois très rare, estime la porte-parole de Groupe E.
Stéphanie Ghinsberg : « En général, l’input vient davantage de Groupe E en fonction des besoins des clients et des infrastructures. »
Dans le cas de Bôle et d’Auvernier, la conseillère communale salue la bonne collaboration des autorités avec Eli10, le GRD. « Afin de prioriser au mieux, nous faisons aussi confiance aux professionnels », souligne Roxane Kurowiak. « Nous avons encore récemment rencontré les représentants d’Eli10 ». Pour ce qui est des avantages financiers à vendre son réseau électrique, la responsable de l'énergie répond que le budget de Milvignes est à l’équilibre. « On appelle ça un chapitre autofinancé par les taxes ». En finalité, les autorités communales ne prévoient pas de vendre leurs réseaux électriques d’Auvernier et de Bôle à un GRD. /crb









