Les autorités de Milvignes prennent le taureau par les cornes : le Conseil communal veut augmenter le coefficient fiscal de 5 points d’ici le premier janvier 2028. C’est la mesure phare proposée pour stabiliser les finances communales.
Un Conseil communal uni propose une hausse d’impôt à Milvignes. Les projections financières sont mauvaises et selon l’exécutif, il faut prendre des mesures dès aujourd’hui. Il a présenté ce mardi la situation financière et les perspectives 2026-2029. L’avenir s’annonce difficile pour le portemonnaie de la commune fusionnée. « La planification montre des déficits à attendre pour 2027, 2028 et 2029 et ce sont des déficits croissants », relève Philippe DuPasquier, conseiller communal en charge des finances.
Philippe DuPasquier : « Ça nous amènerait proche d’une barrière de 100 millions de dettes. »
Il est donc nécessaire de trouver un nouvel équilibre : une partie financée par la dette, mais aussi une autre partie par une hausse des revenus, explique Philippe DuPasquier.
Plusieurs facteurs expliquent ces perspectives sombres. Le principal est l’investissement conséquent pour les collèges des Mûriers et de Longueville à Colombier. Des travaux qui étaient pourtant prévus, alors comment en est-on arrivé là ? Ce n’est pas la faute à une mauvaise planification financière, estime le Conseil communal. « Il y a des investissements qui n’ont pas été faits et qui doivent l’être au bout d’un moment », relève la présidente de l’exécutif de Milvignes Solange Platz Erard.
Solange Platz Erard : « On n’aimerait pas laisser une dette financière trop importante à nos enfants et petits-enfants. »
Le Conseil communal a décidé d’agir aujourd’hui pour ne pas devoir prendre des décisions encore plus lourdes de conséquences demain. Ainsi, l’exécutif de Milvignes a défini quatre axes pour garantir sa stabilité financière, à savoir : la maitrise des charges de biens et services, le gel des engagements jusqu’à la fin de la législature, une stratégie immobilière plus active – passant par la vente de parcelles ou d’immeubles si nécessaire – et une hausse progressive du taux d’imposition. Concrètement, le coefficient fiscal passera de 63 à 68 points en deux temps : plus 3 points dès le 1er janvier 2027 et plus 2 points en 2028.
Le Conseil général a été mis au courant lundi soir de cette proposition, lors d’une séance d’information. « Il y a eu des questions précises sur comment se matérialiserait cette hausse d’impôts pour les habitants », raconte Philippe DuPasquier.
Philippe DuPasquier : « Cela correspondrait à une hausse, canton et commune, de 2,7%. »
Selon les calculs de Philippe DuPasquier, pour une personne qui déclare 50'000 francs de revenus imposables, cela signifiera une hausse de 100 à 200 francs par année, impôts communaux et cantonaux compris. Cette mesure sera soumise au vote du Conseil général, puis si elle est acceptée, elle pourrait faire l'objet d'un référendum. Pour l’éviter, le Conseil communal a tenu à se montrer uni : les cinq membres de l’exécutif étaient présents ce mardi, et les élus vont faire preuve de pédagogie et essayer de communiquer de manière très transparente. « Ce n’est pas une façade, mais une vérité : on est uni là-dedans », souligne la présidente de Commune.
Solange Platz Erard : « On espère que la population pourra entendre que cet effort sera bien investi. »
Solange Platz Erard : « On espère que la population pourra entendre que cet effort sera bien investi. »
Premier écueil à passer pour le Conseil communal : celui du législatif. C’est agendé au 29 avril. /lgn









