Le budget 2026 de la Commune fusionnée a été accepté jeudi soir par le Conseil général. Il affiche un déficit de près de 700'000 francs. Les perspectives financières sont mauvaises et une hausse du coefficient fiscal est envisagée par les autorités.
Accouchement long et difficile, mais finalement réussi pour le budget 2026 de Milvignes. Le Conseil communal a proposé une nouvelle mouture suffisamment satisfaisante pour passer la rampe du Conseil général, réuni en assemblée extraordinaire jeudi soir. Au terme d’une séance tendue peu avant Noël, Arcinfo relayait que le législatif avait demandé de repousser l’examen du budget. Une demande qui faisait suite au dépôt par l’exécutif d’un amendement de dernière minute. Il prévoyait quatre mesures portant sur les investissements, les revenus, les charges et la dérogation au frein à l’endettement. Les groupes politiques avaient alors fait part de leur mécontentement face à ce procédé et son contenu, forçant le Conseil communal à revoir sa copie. Voilà pour le contexte.
Mais ce jeudi soir, la séance s’est avérée moins chahutée et les membres du Conseil général ont approuvé par 31 voix contre 7 et 1 abstention la seconde mouture présentée par l’exécutif. Seul le groupe UDC l'a refusée à une large majorité. Ce budget 2026 version « bis » présente un déficit - réduit par rapport au premier - de 1,2 million de francs ramené à 691'000 francs après un prélèvement de 530'000 francs dans la réserve de politique conjoncturelle. Le frein à l’endettement est respecté. L’enveloppement des investissements nets s’élève à 13,5 millions de francs. Pour parvenir à ce budget, le Conseil communal a revu les prévisions fiscales à la hausse pour un montant d’un million de francs. Quelques changements ciblés permettent de réduire les charges de 43'000 francs. Enfin, après adaptation des revenus et des charges, les investissements ont été revus à la baisse de 1,1 million de francs.
Le mea culpa du Conseil communal
Dans son rapport succinct au Conseil général en vue de cette séance extraordinaire, le Conseil communal a écrit : « Conscient que la présentation d’un amendement de dernière minute a pu susciter une certaine incompréhension et de la frustration, le Conseil communal tient à exprimer ses regrets quant à la précipitation de cette démarche et assure le Conseil général de sa volonté de maintenir un dialogue constructif et transparent pour la suite du processus budgétaire. »
Vers une hausse du coefficient fiscal
Le résultat opérationnel de la Commune fusionnée demeure négatif avec un excédent de charges de 2,1 millions. Et les finances de Milvignes ne vont pas vers le mieux, au contraire. « Les difficultés commencent à se manifester », admet Philippe Dupasquier, conseiller communal en charge des finances. « En cause, les augmentations de charges. Il y en a deux : celles de transferts qui sont notamment liées aux écoles et au centre scolaire de Cescole avec tous les travaux qui sont lancés maintenant. Et l’autre élément, c’est les charges d’amortissement des investissements réalisés ces dernières années. »
Philippe Dupasquier : « Le résultat opérationnel de la commune devrait être à l’équilibre ou légèrement bénéficiaire. »
De gros nuages s’amoncellent donc dans le ciel financier de Milvignes. C’est pourquoi une hausse du coefficient fiscal devient nécessaire aux yeux des autorités. « C’est un des chapitres de l’étude qui a été remise à la commission financière la semaine passée et dont nous discuterons mardi prochain », précise Philippe Dupasquier. Et d’ajouter : « Mais oui, on va devoir faire des efforts sur les dépenses, sur les charges et aussi trouver des revenus additionnels. »
« Ça va être difficile d’expliquer les raisons de cette hausse et que la population les comprenne. Il faudra du temps pour que le message passe. »
La hausse du coefficient envisagée à Milvignes n’est pas encore chiffrée. Le taux se situe à 65% actuellement, c’est le plus bas du canton de Neuchâtel avec la Grande Béroche. /jpp









