Le pays de la bleue nage toujours dans le rouge. Le budget 2026 de la commune de Val-de-Travers affiche un déficit de 700'000 francs. Cette projection de pertes, qualifiées de limitées, repose sur un prélèvement à une réserve et des ventes foncières. Ce qui masque, aux yeux de l’exécutif, une situation fiscale tendue alors que les charges avoisinent 78 millions de francs.
« Quand on commence à regarder les chiffres, on voit qu'il y a des éléments qui améliorent le budget. La décision politique de prélèvement à la réserve, mais également des décisions de vente de terrains », précise Benoît Simon-Vermot, conseiller communal en charge des finances. « Sinon, le déficit serait à 3,8 millions et là, on passerait du quatrième meilleur au pire budget de la commune ».
Le document précise que la commune fait face à un recul marqué de ses recettes fiscales, en baisse d’environ 1,9 million entre 2025 et 2026 et de plus de 4,6 millions par rapport aux comptes 2024. « Nous sommes très dépendants des recettes fiscales des personnes morales. L'impôt sur les entreprises dépend de l'économie », souligne Benoît Simon-Vermot. « On voit que l'économie actuellement à Val-de-Travers, dans le canton et en Suisse, ne va pas très bien ». Les charges continuent de progresser, en particulier les salaires (+3,2%), en lien avec la création ou la pérennisation de postes et l’octroi d’un échelon salarial.
Le Conseil communal se montre néanmoins rassurant : les réserves actuelles permettent d’absorber ce déficit, même si cette stratégie ne pourra pas durer. L’exécutif souligne aussi que la révision de la péréquation intercommunale devrait légèrement améliorer la situation en 2026.
Les investissements sont devisés à un peu plus de 16 millions de francs en 2026. Val-de-Travers souligne dans ce cadre que plusieurs projets devront être priorisés, notamment les travaux de voirie, la piscine des Combes ou encore l’évolution du site Dubied. Certains dossiers pourraient dépasser le plafond du frein à l’endettement et nécessiter une dérogation du Conseil général.
A plus long terme, la commune devra relever deux défis principaux : résorber son déficit structurel et prioriser ses investissements. « Le déficit structurel, on l'a souvent nié à Val-de-Travers ces dernières années, mais on se rend compte qu'il existe », admet le conseiller communal. « Pour le résorber, il n'y a pas 36 solutions. C'est soit couper dans les prestations, mais lesquelles et à quel prix vis-à-vis de la population ? » Le législatif s’exprimera sur ce plan financier lundi 15 décembre lors de sa prochaine séance. /aju









