La prolongation de la baisse fiscale telle que proposée par le Conseil d’Etat neuchâtelois pour 2026 n’est pas du goût de la gauche qui milite pour une alternative qui donne des boutons à la droite.
Un budget de l’Etat, c’est très souvent deux visions politiques qui s’affrontent. Un duel gauche-droite où chacun défend les intérêts de son électorat. Et ce duel s’annonce tendu et indécis mardi au Grand Conseil neuchâtelois. Les députés vont débattre des propositions faites par le Conseil d’Etat dans le cadre du budget 2026 qui table sur un bénéfice de 14,6 millions de francs pour près de 153 millions d’investissements. Comme l’an dernier, les députés vont se prendre le chou sur des questions de fiscalité.
« Neuchâtel est un enfer fiscal ». Cette phrase a été entendue à maintes reprises. Pour se défaire de cette image, depuis quelques années, le Conseil d’Etat tente d’agir en baissant les impôts dans un contexte de forte concurrence intercantonale. Pour l’année prochaine, le gouvernement souhaite poursuivre les allégements votés en 2024 et 2025. Pour 2026, cela consiste en une baisse fiscale linéaire, présentée comme temporaire, de 2%. Une baisse source de désaccords. La droite et Le Centre la soutienne. La gauche rétorque que cette mesure profiterait en priorité aux plus hauts revenus. C’est pourquoi les socialistes proposent une alternative qualifiée de plus juste et solidaire, soit un rabais identique pour chaque contribuable. Le mécanisme : augmenter le coefficient et adapter le barème à la hausse en faisant passer le seuil d’imposition de 7'700 francs à 11’000. Pour le PS, ce rabais d’impôt serait plus favorable, comparé à celui du Conseil d'Etat, pour 70% des contribuables.
La droite, elle, monte aux barricades et répond que cette idée, par rapport à celle du Conseil d'Etat, induit une hausse de l’impôt pour la majorité des contribuables dépassant un revenu imposable de 58'900 francs pour une personne seule et de 113'300 francs pour un couple marié. Aux yeux du groupe PLR – Le Centre, ces contribuables ne peuvent être désignés comme appartenant à la catégorie des hauts revenus. En commission, la proposition socialiste a été acceptée de justesse par huit voix contre sept. Le vote du parlement cantonal devrait donc se jouer dans un mouchoir de poche. /jpp













