« On reste sur notre faim ». Plusieurs députés neuchâtelois ont employé cette expression mardi au moment de livrer leur avis sur le rapport d’information portant sur les Assises neuchâteloises. Ce processus participatif lancé en 2023 avait pris la forme d’une journée de réflexions sur l’école neuchâteloise et d’une vaste étude scientifique menée par l’Université de Fribourg. De cette matière, le Conseil d’État neuchâtelois a tiré quatre axes prioritaires : améliorer la communication entre l’école et les familles, renforcer l’accompagnement des élèves en décrochage, améliorer l’orientation des élèves et leur préparation pour le post-obligatoire et réallouer des ressources humaines dans le champ pédago-éducatif.
Christophe Peter, au nom du groupe PLR-Le Centre, a relevé que cette démarche avait permis de mettre en évidence les défis à relever. « On sera attentif à la mise en œuvre de ces mesures », a-t-il déclaré lors de la session du Grand Conseil. Le groupe socialiste, par la voix de Patricia Sörensen, a quant à lui fait part de ses « craintes que ça ne soit que des intentions à coût neutre », relevant toutefois la volonté du Conseil d’État d’agir.
Olivier Beroud, pour le groupe VertPOP, a de son côté déclaré que les problèmes étaient déjà connus et que les Assises les ont confirmés. « On attend maintenant de savoir ce qui sera fait, par qui, quand et avec quels moyens ». Au nom du groupe vert’libéral, Maxime Auchlin, a lui aussi fait part de sa frustration. « Les réflexions approfondies ne sont pas encore là », a-t-il relevé. Roxann Barbezat, pour le groupe UDC, est allé plus loin encore : « On regrette qu’un processus d’une telle ampleur aboutisse à de si faibles résultats ».
Des mesures en perspective, selon le Conseil d’État
La conseillère d’État en charge de la formation, Crystel Graf, a quant à elle défendu le travail réalisé. Ces démarches ont montré que « l’école neuchâteloise fonctionne bien, mais il y a des pistes d’améliorations ». Les priorités fixées ne signifient pas que les autres éléments, tels que l’inclusion et la gouvernance des écoles, sont écartés. Crystel Graf a fait plusieurs annonces pour tenter de rassurer les députés. Un rapport sera rendu public ce mardi encore sur la stratégie cantonale sur la pédagogie spécialisée. L’idée est de permettre un monitorage complet des besoins.
Crystel Graf : « Les mesures arriveront dans des rapports ad hoc. »
Un projet pilote, intitulé « Start », est également sur le point de voir le jour pour aider les élèves en décrochage. Il est encore en phase embryonnaire, mais l’exécutif cantonal relève qu’il est nécessaire de le mettre en place rapidement. « On a la volonté de faire avancer l’école neuchâteloise », a déclaré la conseillère d’État. Cependant, « il faut faire attention : on ne peut pas tout réformer toutes les deux semaines, l’école a besoin d’une certaine stabilité », conclut Crystel Graf. /lgn













