Le Conseil général a donné son feu vert lundi soir à l’exercice 2024 qui se solde par un déficit de 5,7 millions de francs. L’état de la dette et des recettes fiscales sont des points de vigilance pour certains. D’autres saluent des investissements pour l’avenir.
Des positions classiques face aux comptes 2024 de la Ville de Neuchâtel. Droite et gauche ont affiché des visions différentes, mais le Conseil général a fini par valider à l’unanimité l’exercice écoulé lundi soir. Les comptes présentent un déficit d’un peu plus de 5,7 millions de francs, alors que le budget tablait sur un trou de près de 9,1 millions de francs. Si la situation est moins pire que prévu, la droite a fait part de son inquiétude sur certains points. Le porte-parole du groupe PLR, Jari Correvon, s’est inquiété du fait que les recettes fiscales des personnes physiques sont plus faibles que les projections affichées au budget, malgré une hausse du nombre d’habitants. Le groupe vert’libéral, par la voix de Sylvie Hofer-Carbonnier, partage cet avis. « C’est une population qui a augmenté d’un peu plus de 500 habitants, mais c’est une diminution, par rapport à ce qui était budgété, des rentrées fiscales de plus de 3 millions ».
Sylvie Hofer-Carbonnier : « C’est quand même un certain paradoxe. »
La conseillère générale vert’libérale juge la situation inquiétante. Le groupe PLR a aussi pointé du doigt une dette « qui ne cesse de prendre de l’ampleur ». Jari Correvon a fait état d’une « tendance de fond préoccupante ». Fin 2024, la dette atteignait 635,8 millions de francs, soit 61,9 millions de francs supplémentaires sur une année.
Cette vision a été contrecarrée par le groupe VertsPopSol. Son porte-parole, Flavio Principi, a évoqué « des choix d’investissements assumés » pour l’avenir avec des crédits consentis pour le collège des Parcs, pour la STEP, pour le Collège latin ou encore pour les Jeunes-Rives. « L’inaction a un prix », a-t-il ajouté, parlant d’une « dette environnementale, si on ne fait rien », ou encore d’une « dette structurelle si on ne soigne pas nos infrastructures, nos réseaux ».
Flavio Principi : « Pour nous, c’est important d’investir maintenant. C’est de notre responsabilité envers les générations futures. »
En 2024, les investissements ont atteint un niveau record de 40,2 millions de francs. Loïc Mühlemann, portant la voix du groupe socialiste, a de son côté évoqué des « indicateurs financiers dans les clous », tout en admettant qu’il y a certains points de vigilance.
La commission financière a quant à elle fait part de ses craintes sur la situation conjoncturelle « qui se détériore », selon son rapporteur Camille Gonseth, mais aussi sur la croissance des charges de transfert, sur lesquelles la Commune a peu d’emprise, et sur l’évolution de la dette.
Au-delà des craintes exprimées, le Conseil général dans son ensemble a apporté son soutien à cet exercice comptable.
Réouverture du Crêt-Taconnêt prévue en juillet
Ce lundi soir, dans le cadre de questions d’actualité, le Conseil communal a fait un point de situation sur le chantier du Crêt-Taconnêt, à la gare de Neuchâtel. La réouverture de cet axe se profile pour début juillet, a indiqué la conseillère communale Violaine Blétry- de Montmollin. « L’aménagement définitif est prévu pour cet été », a-t-elle indiqué.
Premières tendances du système MAE
Les questions du législatif survenues dans l’analyse des comptes 2024 ont également poussé la conseillère communale Nicole Baur à esquisser un premier bilan de MAE, pour Ma journée à l’école. Selon les premiers résultats livrés par l’Université de Neuchâtel sur ce projet pilote testé dans deux collèges, la satisfaction est quasiment unanime du côté des familles et il y a moins d’enthousiasme du côté des professionnels, surtout chez les enseignants, selon l’élue. La durée de la pause de midi, d’une petite heure, est notamment pointée du doigt. Elle « sera rallongée pour la rentrée d’août », a indiqué Nicole Baur devant le législatif, vraisemblablement de 15 minutes.
Le Conseil communal a par ailleurs admis avoir été surpris par l’ampleur du succès de cette offre au collège du Crêt-du-Chêne, avec des effectifs qui ont pratiquement doublé. La situation est qualifiée de plus stable du côté de Serrières avec une augmentation de moindre importance. /sbm









