Pour lutter efficacement contre le hooliganisme, il faut multiplier les approches… Neuchâtel compte un procureur spécialisé dans ce type d’infraction. Lundi, un ultra de Neuchâtel Xamax a été condamné à une peine ferme pour s’en être pris à la police.
Les affaires de débordements en marge des rencontres sportives sont suffisamment nombreuses dans le canton de Neuchâtel pour que le Ministère public dispose d’un procureur spécialisé dans le domaine. Un constat tiré dans le sillage d’une affaire qui fait du bruit : un supporter de Neuchâtel Xamax a été condamné lundi à trois mois de prison ferme dans une affaire de hooliganisme, comme le rapportent les médias du groupe Tamedia, 24 Heures et La Tribune de Genève. De mémoire de magistrat, il semble s’agir de la première condamnation à une peine ferme dans ce genre d’affaire dans le canton.
Les faits datent de septembre 2023. À la suite d’une rencontre de Challenge League de football contre le FC Sion au stade de la Maladière, une trentaine d’ultras de Neuchâtel Xamax s’en étaient pris aux policiers chargés du service d’ordre. Une dizaine de personnes ont été condamnées, dont deux à des peines fermes. L’individu au cœur de cette affaire, un trentenaire récidiviste, s’était opposé à son ordonnance pénale. L’audience qui devait trancher était agendée à lundi mais le condamné a retiré son recours au dernier moment et la décision est entrée en force : trois mois de prison ferme, 100 francs d’amende et 800 francs additionnels de frais de procédure.
La pluralité des approches
Au sein du Ministère public neuchâtelois, Marc Rémy est en charge de ce genre d’affaires. Face à celles et ceux qui jugent la peine légère et qui réclament des sanctions exemplaires, il estime que celle-ci est proportionnée et malgré tout dissuasive pour le condamné. Dans ce type d’affaire, la marge de manœuvre de la justice est importante puisque les peines peuvent aller jusqu’à trois ans.
Marc Rémy : « On doit considérer tous ces éléments. »
Marc Rémy juge que la justice a son rôle à jouer dans la lutte contre le hooliganisme. Mais elle ne représente qu’un maillon d’une solution globale, qui intègre également, par exemple, les clubs sportifs, la Swiss Football League, les stades ou même les parents.
« C’est en ayant tous les acteurs autour d’une table qu’on pourra trouver les meilleures solutions. »
S’il y a un procureur spécialisé, ça n’est pas parce que le nombre de cas augmente. Marc Rémy relève que si cette approche a été choisie, c’est parce que ces affaires sont complexes et qu’elles touchent une pluralité de suspects et nombreux délits différents : émeute, violence contre fonctionnaire, usages d’engins pyrotechniques, violation de périmètre, etc… Il s’agit surtout d’améliorer l’efficacité et de tisser un réseau efficace entre les différents milieux concernés.
« Le but c’était d’avoir une vue d’ensemble. »
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