Une équipe internationale de recherche a réussi à favoriser la restauration d’arbres indigènes dans une plantation de palmiers à huile, sur l’île de Sumatra, en Indonésie. Une professeure de l’Université de Neuchâtel fait partie de cette équipe.
Sur l’île de Sumatra en Indonésie, une équipe internationale de recherche, comprenant une professeure de l'Université de Neuchâtel (UniNE), a réussi à favoriser la restauration d’arbres indigènes dans une plantation de palmiers à huile. Les résultats de cette expérience d'enrichissement de la biodiversité, mise en place depuis 2013, ont été publiés dans la revue « Science ».
En disséminant des îlots d'arbres sur l’exploitation de palmiers, certaines essences locales ont dépassé les 15 mètres de hauteur en six ans. « L’étude a démontré que les 52 îlots d'arbres disséminés favorisent non seulement l’éclosion des graines replantées, mais aussi l'établissement d'espèces à partir de graines arrivées par exemple par le vent ou les oiseaux », indiqué lundi l'UniNE.
On y dénombre également des arbres endémiques propres au Sundaland, région s’étendant de la péninsule malaise jusqu’à Bornéo. Les espèces exotiques (c'est-à-dire celles qui ne sont pas originaires de la région étudiée) ne représentent qu'une petite fraction des zones restaurées par régénération naturelle.
« Notre article montre que le paysage n’a que peu d’influence sur la régénération observée », a déclaré Clara Zemp, professeure en biologie de la conservation à l'UniNE et qui a été coordinatrice scientifique du projet pendant cinq ans avant de venir à Neuchâtel. Plusieurs universités, dont des indonésiennes, ont participé à cette étude, conduite sous l'égide de l’Université de Göttingen.
Qualité du sol
Les chercheurs ont relevé que la distance aux forêts et la présence d’arbres isolés dans le paysage ne jouent pas de rôle dans la diversité des arbres qui se sont établis spontanément dans les îlots. Ce sont surtout des facteurs locaux tels que la qualité du sol et la superficie des îlots qui exercent la plus grande influence.
L'équipe a toutefois constaté que, malgré ces résultats prometteurs, les niveaux de biodiversité dans les zones restaurées étaient encore bien inférieurs à ceux des forêts non perturbées. Pour les chercheurs, « cela souligne la nécessité urgente de protéger les parcelles de forêt restantes, dont la valeur de conservation est irremplaçable ». /ATS