C’est le lundi du jeûne, jour férié à Neuchâtel, Vaud et dans une partie du Jura bernois. Un congé qui intervient au lendemain du Jeûne fédéral, célébration décrétée au XIXe siècle pour consolider la Confédération.
Si aujourd’hui, ils riment plutôt avec tarte aux pruneaux, le Jeûne fédéral et le lundi du jeûne ont une origine bien plus sérieuse, celle de consolider la cohabitation entre les cantons suisses au tournant du XIXe siècle. À l’époque, protestants et catholiques se regardent en chiens de faïence, voire s’affrontent, comme lors de la guerre du Sonderbund. La Diète fédérale (assemblée des cantons avant 1848) cherche alors à fixer un jour de célébrations communes. En 1832, elle choisit le troisième dimanche de septembre comme jour de jeûne pour tous les cantons. Seuls quelques-uns, comme Neuchâtel, décréteront également un jour férié le lendemain avec le lundi du jeûne.
Cédric Némitz, théologien et journaliste : « Certains cantons ont décidé de marquer le coup un peu plus fort et d’autres non. »
À l’époque, la période de jeûne consistait à se priver de nourriture à midi. Autant pour prendre conscience de ses privilèges que pour effectuer un geste de solidarité en redistribuant l’économie réalisée. Le pruneau deviendra finalement un des seuls mets autorisés, celui-ci poussant à cette période dans nos régions. Une tradition qui est restée.
Cédric Némitz, théologien et journaliste : « Ce qu’on économise en mangeant des pruneaux, on peut le consacrer à la solidarité. »
Le Jeûne fédéral persiste encore aujourd’hui chez les chrétiens sous forme de célébrations religieuses. Des cérémonies œcuméniques réunissant protestants et catholiques. /rgi