Troisième dose de vaccin : le paradoxe neuchâtelois

Les chiffres de la vaccination contre le Covid-19 à deux doses sont élevés dans le canton de ...
Troisième dose de vaccin : le paradoxe neuchâtelois

Les chiffres de la vaccination contre le Covid-19 à deux doses sont élevés dans le canton de Neuchâtel. Mais ceux de la troisième dose sont inférieurs à la moyenne. Une situation qui ne trouve pas d’explication simple

Le centre de vaccination de la gare de Neuchâtel permet d'obtenir la 3e dose (photo: archives) Le centre de vaccination de la gare de Neuchâtel permet d'obtenir la 3e dose (photo: archives)

Neuchâtel se trouve dans une situation paradoxale au niveau de la vaccination contre le Covid-19. Alors que le canton fait partie des meilleurs en ce qui concerne la proportion de la population qui a reçu deux doses, il se retrouve parmi les mauvais élèves en ce qui concerne l’administration de la troisième dose. C’est ce qui ressort des chiffres officiels de l’Office fédéral de la santé publique parus depuis le début de la semaine.

Selon le relevé de l’OFSP paru lundi, 70,2% de la population neuchâteloise est entièrement vaccinée, soit environ 3 points de plus que la moyenne nationale. Et il n’y a que deux cantons qui font mieux : Bâle-Ville et le Tessin. Neuchâtel champion de la vaccination, c’est une réalité depuis le mois d’octobre, où le canton était le premier de la classe. « En 1882, Neuchâtel se distinguait déjà en matière de vaccination », rappelait RTN en novembre, au sujet du « oui » solitaire du canton à une Loi sur les épidémies qui avait été soumise à l’époque.

Seulement voilà, au sujet de la troisième dose, c’est exactement l’inverse. Les Neuchâtelois n’ont été jusqu’ici que 24,05% à recevoir la piqure. La moyenne nationale frôle les 31%. Et seuls les Fribourgeois, les Genevois et les Obwaldiens affichent des taux inférieurs.

Quelques hypothèses

Dans ce domaine, les autorités avouent qu’elles ne détiennent pas d’explication claire et nette pour faire la lumière sur ce paradoxe. ORCCAN, l’Organisation de gestion de crise et de catastrophe, reconnaît qu’il existe une disparité entre les chiffres de la 2e et de la 3e dose. Mais à ce stade, selon ses responsables, on ne peut qu’esquisser des hypothèses.

La principale, c’est celle d’un effet retard. Pour prétendre à obtenir le booster Covid, il faut patienter quatre mois à partir de la 2e piqûre. Or dans le canton de Neuchâtel, la campagne de vaccination a commencé lentement, mettant la priorité sur les personnes vulnérables dans les homes. En fait, c’est seulement maintenant que la plupart des Neuchâtelois sont autorisés à s’inscrire. Les prochaines semaines permettront donc de vérifier si ce facteur a réellement joué un rôle.

D’autres explications entrent en ligne de compte. Le délai pour la 3e dose est passé de 6 à 4 mois et une partie de la population n’est pas encore au courant. Il y a aussi l’effet Omicron : de nombreuses personnes en ce moment annulent leur rendez-vous parce qu’elles sont infectées par le virus ou en quarantaine. Une partie d’entre elles n’entreront pas dans les statistiques du booster parce qu’elles ont obtenu leur immunisation de manière naturelle. Enfin, parmi les jeunes, il y a aussi les étudiants qui retardent leur injection en raison de la session d’examens qui commence cette semaine.


Le dispositif pas en cause

La question est complexe. Certains de ces facteurs s’appliquent à d’autres cantons et n’expliquent pas le paradoxe neuchâtelois. On y verra vraisemblablement plus clair dans quelques semaines.

Les autorités sanitaires cantonales, en tout cas, en profitent pour insister : le dispositif mis en place n’est pas en cause. Il existe en ce moment de nombreuses possibilités d’obtenir rapidement un rendez-vous pour une troisième dose. /jhi


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