La colère gronde chez les travailleurs de la construction

Les syndicats et la Société suisse des entrepreneurs n’arrivent pas à se mettre d’accord sur ...
La colère gronde chez les travailleurs de la construction

Les syndicats et la Société suisse des entrepreneurs n’arrivent pas à se mettre d’accord sur une nouvelle convention collective de travail du secteur principal de la construction. Unia Neuchâtel annonce deux jours de grève les 3 et 4 novembre, comme ailleurs en Romandie, pour dénoncer la proposition patronale.

Les travailleurs neuchâtelois du secteur de la construction se mettront en grève les 3 et 4 novembre. (Photo libre de droits : illustration.) Les travailleurs neuchâtelois du secteur de la construction se mettront en grève les 3 et 4 novembre. (Photo libre de droits : illustration.)

Les négociations piétinent et la colère monte. La Société suisse des entrepreneurs (SSE) et les syndicats Unia et Syna ne parviennent pas à trouver d’accord sur la nouvelle convention collective de travail (CCT) du secteur principal de la construction. Unia Neuchâtel indique ce lundi que les négociations sont bloquées, la proposition de la SSE étant jugée indigne, et que les travailleurs du canton se mettront en grève les 3 et 4 novembre. Il n’y a plus qu’une séance bilatérale de prévue et le texte doit entrer en fonction le 1er janvier 2026. Pour Edy Zihlmann, secrétaire syndical d’Unia Neuchâtel responsable de la branche construction, il n'est pas question d’entrer en matière sur la dernière proposition de la SSE. « C’est une réduction massive de toutes les dispositions protectrices qu’il y avait dans la convention », fustige-t-il. «  On a enlevé les protections contre les licenciements des personnes âgées, les suppléments du travail des samedis, on propose jusqu’à 250 heures supplémentaires à mettre au compteur et ainsi de suite », précise le secrétaire syndical.  Edy Zihlmann rappelle que la branche manque de main-d’œuvre et qu’améliorer les conditions de travail est une solution à ce problème.

Edy Zihlmann : « On passe d’une CCT qui a aujourd’hui une nonantaine d’article à une qui n’en aurait plus que 17. »

La question des horaires de travail est centrale dans ces négociations, de même que les salaires. Selon Unia Neuchâtel, « La SSE se borne à proposer des journées de travail encore plus longues pour moins de salaire », peut-on lire dans le communiqué. Et Edy Zihlmann d’ajouter que « leur proposition qui consiste à un retour aux années 80, c’est exclu ». Pour le responsable de la branche construction à Unia Neuchâtel, si d’ici au 31 décembre aucune solution n’est trouvée, cela signifie entrer dans un vide conventionnel et retourner uniquement aux conditions du code des obligations. Et ce n’est pas que les employés qui en pâtiront, selon Edy Zihlmann. « Tous les gens qualifiés qui pourront aller travailler dans une autre branche, eh bien ils le feront », précise-t-il, indiquant que « ce serait problématique pour l’ensemble de la branche. »

« Nous, on ne signera pas leur proposition. »

Pour Edy Zihlmann, un vide conventionnel serait moins négatif que de signer la dernière proposition de la SSE. « Soit on a une discussion de fond, sur la base de ce qu’on leur a présenté, soit tant pis, ce sera le vide conventionnel », déplore-t-il.

Les deux jours de grève votés fin septembre par les travailleurs neuchâtelois auront lieu en même temps que dans le reste de la Romandie les 3 et 4 novembre. Les protestations ont déjà commencé ce lundi au Tessin. La Suisse alémanique se mobilisera également ; des grèves sont prévues le 31 octobre à Berne, le 7 novembre dans le nord-ouest de la Suisse et le 14 novembre à Zurich et dans d’autres régions du pays. /lgn


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