Des cadavres de cochons dans la forêt !

Une balade dans la forêt du canton de Neuchâtel peut parfois déboucher sur des découvertes ...
Des cadavres de cochons dans la forêt !

Après huit mois dans la nature, il ne reste presque plus que des os nus. Après huit mois dans la nature, il ne reste presque plus que des os nus.

Une balade dans la forêt du canton de Neuchâtel peut parfois déboucher sur des découvertes inattendues et pour le moins étranges... Depuis le mois de juillet dernier, une douzaine de cadavres de cochons se décomposent dans des cages grillagées, à l’abri des prédateurs. Il ne s’agit pas d’une plaisanterie de mauvais goût, mais d’une expérience scientifique.

L’Institut de biologie de l’Université de Neuchâtel analyse l’effet des cadavres sur l’écologie du sol. Plus précisément, son projet de recherche fondamentale vise à étudier l’impact d’un corps mort sur les organismes présents dans le sol. S’il aboutit, il jouera un rôle important dans le domaine de la science forensique qui réunit différentes méthodes pour résoudre des investigations dans les domaines criminel et légal. Ainsi, actuellement, pour déterminer l’heure du décès, les criminologues étudient la température, la rigidité du corps et les insectes qui en prennent possession. Mais ces outils sont imprécis après quelques semaines. L’objectif des chercheurs neuchâtelois est de contribuer à développer un nouvel outil pour déterminer l’emplacement d’un corps mort ainsi que le moment de son décès.

Le projet a été initié par un institut de recherche forensique allemand qui s’est approché du professeur Edward Mitchell de l’Université de Neuchâtel. Ce spécialiste en biologie du sol mène les recherches en collaboration avec des doctorants neuchâtelois et deux universitaires allemand et anglais. L’équipe bénéficie du soutien financier du Fonds national pour la recherche scientifique.

 

Quatre traitements

Afin de s’assurer de trouver des résultats concluants, les chercheurs basent leurs travaux sur plusieurs procédés différents. Cinq cadavres de cochons sont placés sur un grillage au sol afin de déterminer l’impact direct de leur présence et de leur décomposition.

Cinq autres sont maintenus à un mètre de hauteur. Des prélèvements sont effectués régulièrement sous ces dix corps. Deux autres sont posés à même le sol et ne seront déplacés qu’en toute fin de décomposition. Et le dernier cadavre a été pendu par une corde pour répliquer l’effet d’une pendaison humaine.

Il faut savoir que les porcs sont le modèle standard utilisé en science forensique, car le cochon est morphologiquement proche de l’humain.

L’Institut de biologie a dû passer par toutes sortes d’étapes administratives afin d’obtenir l’autorisation d’utiliser des cochons dans le cadre de ces recherches. Les bêtes ont ensuite été euthanasiées par un vétérinaire agréé. Par ailleurs, le dispositif de cages grillagées et de fil électrique installé autour du périmètre vise non seulement à empêcher les animaux sauvages de venir se nourrir des cadavres, mais aussi à éviter la propagation de maladies.

 

Déjà des premiers résultats

L’expérience a commencé au mois de juillet 2013. La présence de cadavres de cochons dans la forêt est prévue pour deux ans. Mais les recherches et analyses vont se poursuivre pendant de longues années. Edward Mitchell souligne qu’il faudra certainement faire des études complémentaires afin de permettre la réalisation d’un outil fiable de recherche forensique.

Moins d’une année après le début des travaux de recherche, les premiers résultats indiquent des changements très nets au niveau des organismes présents dans le sol. Ainsi, plusieurs espèces de nématodes (vers microscopiques) se sont succédé durant les différentes étapes de décomposition des corps. /aes


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