Tous les enseignants neuchâtelois ne sont pas syndiqués

La journée syndicale du SSP et du SAEN a attiré ce mercredi 340 participants. Témoignage d’un ...
Tous les enseignants neuchâtelois ne sont pas syndiqués

La journée syndicale du SSP et du SAEN a attiré ce mercredi 340 participants. Témoignage d’un jeune professionnel qui a décidé de ne pas (encore) s’affilier à l’une ou l’autre des organisations actives dans le canton de Neuchâtel.

Krzysztof Wojtowicz, enseignant au collège primaire du Landeron n'est pas (encore) syndiqué. Krzysztof Wojtowicz, enseignant au collège primaire du Landeron n'est pas (encore) syndiqué.

C’est une tradition du début du mois de novembre. La journée syndicale des enseignants a eu lieu ce mercredi. La section enseignement du Syndicat des services publics (SSP) et le Syndicat autonome des enseignants neuchâtelois (SAEN) ont réuni leurs adhérents, chacun de leur côté, à La Chaux-de-Fonds. Au programme, discussions, informations et échanges sur des thématiques comme la gestion des classes difficiles, le projet MAE, la revalorisation des enseignants de 1re et 2e année, l’évaluation du cycle 3 rénové ou la réforme de la maturité gymnasiale.

Traditionnellement, cette journée regroupe quelques centaines de participants. Un observateur averti du milieu de l’enseignement constate que certaines régions du canton comptent beaucoup plus d’enseignants syndiqués que d’autres. C’est le cas par exemple du Val-de-Travers. À l’inverse, dans l’Entre-deux-Lacs, les associations de salariés comptent moins d’adhérents, note-t-il.

La rédaction de RTN a cherché à en savoir plus sur les motivations des enseignants non syndiqués. Premier constat : trouver un interlocuteur qui accepte de s’exprimer au micro, ça n’est pas si simple. Mais les recherches ont porté leurs fruits, grâce à Krzysztof Wojtowicz. Enseignant depuis 5 ans, titularisé depuis 3, il s’occupe actuellement d’une classe de 8e année au Landeron, 19 élèves de 11 et 12 ans. À ce jour, il n’a pas ressenti le besoin de s’affilier à un syndicat. « Je me sens en sécurité, je suis bien entouré par la direction et mes collègues », assure-t-il.

Krzysztof Wojtowicz : « Je n’ai absolument pas à me plaindre et je suis très satisfait de ma jeune carrière d’enseignant. »

Si Krzysztof Wojtowicz n’est pas syndiqué, c’est aussi par méconnaissance. Il avoue ne pas s’être penché sur la question jusqu’ici, parce qu’il n’en a pas ressenti le besoin. Mais il ne ferme pas la porte.

« Je ne me suis pas encore intéressé à tout ça. » 

Comme la plupart des enseignants, Krzysztof Wojtowicz est confronté à des élèves avec des besoins particuliers. Il reconnait que, dans ce cas-là, des aides supplémentaires seraient les bienvenues. Depuis 3 semaines, il accueille dans sa classe un enfant issu de la communauté des gens du voyage. Un garçon de 11 ans qui ne sait pas lire. Une situation compliquée.

« Pour moi, c’est très compliqué. Je ne peux pas m’occuper de lui et délaisser les 18 autres élèves. »

Résolutions

Ce mercredi, SSP et SAEN ont réuni environ 340 personnes à la Maison du Peuple pour le premier et au site Progrès du CPNE pour le second. Plusieurs résolutions ont été votées. Elles seront discutées avec le Canton en décembre.

Un des textes concerne la future maturité gymnasiale. Les deux syndicats militent en faveur du système 11+4 qui ne touche pas la durée de l’école obligatoire, soit 11 ans d’école obligatoire et 4 ans de maturité.

Le SSP a également lancé une pétition qui demande que le devoir de garde, soit la surveillance des élèves 15 minutes avant et après le début des leçons, ne soit pas reporté sur le corps enseignant.

Le SAEN de son côté demande aux autorités d’instaurer une heure de décharge administrative pour tous les enseignants, quel que soit leur taux d’activité. Qu’on soit à 60% ou à 100%, le nombre de mails à traiter et les obligations de formation sont les mêmes, souligne le syndicat. Concernant les projets Ma journée à l’école (MAE), l’enseignement des langues en immersion (PRIMA) et l’école inclusive, le SAEN demande que le Canton y consacre suffisamment de moyens, notamment humains de qualité. /cwi