Un hectare d’épicéas plantés dans les années 1970 est en cours d’abattage à La Robella. Les fortes chaleurs de l’été et le manque de précipitations ont favorisé le développement du bostryche qui a ravagé les arbres concernés.
Si Idéfix venait à se promener cette semaine au Val-de-Travers, il ne pourrait retenir ses larmes. Après une coupe d’environ 1000 mètres cubes sur l’ensemble du pâturage communal de La Robella qui s’est terminée fin septembre, un hectare d’une plantation d’épicéas datant des années 1970 est actuellement en cours d’abattage dans le même secteur. Ravagées par le bostryche dont l’été caniculaire a favorisé le développement, « 200 mètres cubes de bois, représentant environ 400 tiges, doivent être abattus », détaille Aimeric Hofmann, chef du Service forestier de Val-de-Travers. Il s’agit d’une coupe extraordinaire destinée à « assainir une zone de plantation très uniforme par ailleurs faite sur un sol à l’origine agricole qui ne retient pas l’eau, ce qui contribue à la sécheresse de la forêt », précise Ulysse Perrelet, garde-forestier responsable du secteur.
Une telle coupe n’est pas courante, expliquent Ulysse Perrelet et Aimeric Hofmann.
Cette coupe était inévitable : « on aurait peut-être pu l’étager sur deux ou trois ans, mais à très court terme, ces arbres auront tous séché », souligne Ulysse Perrelet. La plantation ayant été réalisée sur une parcelle difficile d’accès, car en pente très raide, son abattage nécessite d’ailleurs d’utiliser des engins de débardage spécialisés, donc « il s’agit aussi de rationaliser les frais d’exploitation des machines. »
Ulysse Perrelet : « A long terme, c’est inévitable que cette forêt-là sèche. »
Favoriser le rajeunissement de la forêt
L’objectif est toutefois de préserver au maximum les feuillus présents sur la parcelle : sans autre implication de l’humain, leurs graines permettront le rajeunissement de la forêt. « Jusqu’ici, ils ont été protégés par les épicéas donc on ne sait pas s’ils tiendront véritablement le coup, mais même s’ils ne survivent qu’un an, ils auront au moins semé leurs graines », note Aimeric Hofmann. « On est en présence d’un sol déjà assez dynamique qui a pu se transformer au fil des cinquante, soixante dernières années en un humus davantage forestier, plus propice à un rajeunissement naturel qu’un pâturage typique : on voit déjà beaucoup de petits hêtres et érables pousser », se réjouit Ulysse Perrelet.
Aimeric Hofmann : « La forêt sera toujours là. »
Au-delà des branchages qui resteront sur place pour alimenter cet humus forestier, le bois coupé aura une seconde vie. « Le bois de service sera destiné à la construction et le deuxième assortiment principal sera déchiqueté sur place pour alimenter ensuite la chaufferie de Couvet », glisse Aimeric Hofmann. /aes










