Des lycéens dans la rue : notre reportage à Besançon

C'était la rentrée des lycées en France après deux semaines de vacances. Une reprise dans le ...
Des lycéens dans la rue : notre reportage à Besançon

C'était la rentrée des lycées, lundi en France, après deux semaines de vacances. Une reprise dans le calme, en Bourgogne-Franche-Comté en tout cas. Nous sommes allés prendre la température du côté de Besançon.

 Les lycéens devraient redescendre dans la rue jeudi à l’occasion d’une manifestation nationale prévue pour la défense des salariés. (Photo d'illustration).  Les lycéens devraient redescendre dans la rue jeudi à l’occasion d’une manifestation nationale prévue pour la défense des salariés. (Photo d'illustration).

Qu’ils soient futurs horlogers, boulangers ou profs, les lycéens français ont repris le chemin des cours lundi après deux semaines de vacances. Une rentrée dans le calme, en tout cas près de la frontière neuchâteloise. Quelques dizaines d’établissements ont été impactés par des manifestants, mais surtout du côté de Paris, Marseille et Toulouse. Les lycéens devraient redescendre dans la rue jeudi à l’occasion d’une manifestation nationale prévue pour la défense des salariés. La rédaction de RTN s’est rendue à Besançon pour y prendre la température.

Ce phénomène, « personne ne l’avait vu venir. On va voir au sortir des vacances quel tour ça prend », déclare Cédric Lieto, rédacteur en chef par intérim d’Ici Besançon, antenne locale de Radio France. « Se sont greffées des revendications sur la vie chère. Voilà trois samedis de suite qu’on a des manifestations dans Besançon ou autour avec des lycéens, des représentants syndicaux, des citoyens, des parents. Et on se demande, comme à l’époque des gilets jaunes, combien de temps ça va durer. Est-ce qu’on est partis sur tous les samedis, jusqu’au premier tour de la présidentielle au printemps ? » expose le journaliste. 

Cédric Lieto : « Est-ce qu'on est parti sur des manifestations tous les samedis jusqu'à la présidentielle ? »

La participation des lycéens proches de la frontière neuchâteloise aux mobilisations a été « relativement forte », estime Cédric Lieto. Mais « il y a eu assez peu de dégradations des établissements. Il y a eu quelques vitres cassées. Souvent par des gens qui n’étaient pas élèves des lycées concernés. La région Bourgogne-Franche-Comté a estimé à 800'000 euros le coût des réparations. Quand on sait qu’elle met 100 millions d’euros par an d’investissements dans les lycées, 800'000 francs c’est une somme, mais ce n’est pas exorbitant. »

« La participation a été relativement forte, avec assez peu de dégradations des établissements. »

Le journaliste retient deux images fortes des interactions entre manifestants et forces de l’ordre dans sa région : « Une vidéo où on voit un jeune prendre des coups de matraque dans Besançon alors qu’il n’est pas pris dans un échange : une enquête a été confiée à la cellule déontologique de la police nationale. » Cédric Lieto évoque aussi cette manifestation non-déclarée de jeunes, où, « après des négociations avec les parents, la police avait déposé casques et boucliers pour laisser passer le cortège, ce qui a aussi permis à la police de faire sortir le cortège du centre-ville. »

« Sur la vidéo, on voit un jeune prendre des coups de matraque alors qu'il n'était pas pris dans un échange. »

Du siège de la radio locale Ici Besançon, nous nous sommes rendus au lycée au Lycée Jules Haag, une école d’horlogerie et de mécanique, avec la journaliste Emma Steven, chargée de rendre compte de la rentrée lycéenne. Une rentrée très calme, qui contrastait avec le jour où « plusieurs centaines de lycéens étaient devant l’établissement, protégé par des forces de l’ordre. Des jeunes sont arrivés et ont tiré des mortiers d’artifice, tout le monde a commencé à partir en courant dans tous les sens », se souvient la journaliste, qui nous montre une vitre brisée ce jour-là par un projectile.

Emma Steven : « On est devant un des lycées assez mobilisés durant ces dernières semaines. On voit qu'il y a eu un peu de casse. »

Jeudi, les lycéens de Besançon devraient donc redescendre dans la rue. « Je ne sais pas si j’irai. Mais ça va être une bonne grosse manifestation, il y aura des revendications comme sur le nombre de profs. Mais notre école est bien entretenue », estime Onel, du lycée Jules Haag. Son camarade, Imet, ne pense pas aller manifester : « J’espère juste qu’il n’y aura pas de violence », lâche-t-il. /vco

Imet : « J’espère juste qu’il n’y aura pas de violence. »


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus