L’écosystème informationnel et ses dangers numériques étaient au cœur d’une conférence lundi soir au Forum360. À Neuchâtel, le Théâtre du Passage a fait salle comble pour aborder la question de la désinformation.
Déceler le vrai du faux à l’ère du numérique. C’était le thème de la 19e édition du Forum360 qui a réuni lundi soir quelque 500 personnes au Théâtre du Passage à Neuchâtel. Trois conférenciers sont venus présenter leur point de vue, sous différents angles. Et notamment Tristan Mendès France. Maître de conférences associé à l’Université de Paris Cité, il est spécialisé dans les cultures numériques. Il a présenté les dangers et inquiétudes de l’actuel écosystème informationnel. Très présent dans nos vies, il peut permettre à certaines personnes ou entités de travailler nos propres opinions. Cet écosystème se divise en trois étages : l’intelligence artificielle, les réseaux sociaux et les algorithmes. « Aujourd'hui, l'IA est une extraordinaire opportunité pour ceux qui savent bien l'utiliser, mais c'est aussi quelque chose qui pose énormément de questions et de problèmes », expose Tristan Mendès France. Premièrement, les intelligences artificielles peuvent générer un doute sur une information véridique. Autre problème : elles peuvent être orientées, selon leurs origines et donner volontairement des réponses erronées, qui vont suivre la doctrine qui leur a été imposée. Elles sont aussi un vecteur de désinformation, puisque très faciles à utiliser.
Les réseaux sociaux comme tribune aux extrêmes
Deuxième étage de l’écosystème informationnel : les réseaux sociaux. Ils sont problématiques « d'abord, car la majorité des gens vont s'y informer. Or, ce n'est pas un écosystème naturel de diffusion d'informations », relève Tristan Mendès France. Et les informations véhiculées par les réseaux sociaux peuvent, souvent, être produites par des gens extrêmes. « On est exposé surtout par ceux qui produisent le plus… Et ceux qui produisent le plus de contenus, ce sont les gens les plus énervés, les plus extrêmes », développe le spécialiste des cultures numériques. Cela signifie que bien souvent, les minorités sont surreprésentées. « On l'a vu ça durant le Covid. On avait des mouvances antivax, ultra-minoritaires, qui étaient extrêmement présentes sur les plateformes, notamment Facebook, tout simplement parce qu'elles produisaient plus de contenus », exemplifie Tristan Mendès France.
Enfin le troisième étage est composé des algorithmes. Omniprésents sur internet, ils agissent comme accélérateur des idées minoritaires et extrémistes et poussent à la désinformation, précise le maître conférencier.
Entretien avec Tristan Mendès France :
En soi, ces trois étages ne sont pas problématiques tout seuls, mais ils le deviennent, car « on est dans une société malade », explique Tristan Mendès France. « Ce qui m'inquiète aujourd'hui, c'est le fait que l'écosystème de l'information travaillé par l'intelligence artificielle, les réseaux sociaux et les algorithmes vient sur des démocraties qui, aujourd'hui, sont en crise, politique et économique », précise-t-il.
Pour faire face à ce flot de désinformation sur internet, le conseil principal de Tristan Mendès France est de vérifier la source de chaque information. « Si je suis choqué par quelque chose, je regarde qui me l'envoie. Si je ne sais pas qui me l'envoie, je retiens mon jugement », conclut-il. /lgn








