« En boîte » : le Château de Grandson

Il a des employés, il fait payer des entrées, il fonctionne comme une entreprise, mais le Château ...
« En boîte » : le Château de Grandson

Il a des employés, il fait payer des entrées, il fonctionne comme une entreprise, mais le Château de Grandson n’engrange pas les bénéfices. L’institution qui a rouvert en avril, comme la quasi-totalité des musées, fonctionne à perte. Mais elle a des retombées importantes sur le tourisme local.

Le directeur du Château de Grandson Camille Verdier, entre Marie de Bourgogne et Charles le Téméraire. Le directeur du Château de Grandson Camille Verdier, entre Marie de Bourgogne et Charles le Téméraire.

Après quinze ans de silence, cela fait près de six mois qu’il a rouvert ses portes. Le Château de Grandson, une des plus grandes forteresses médiévales de Suisse, vient d’en passer par une phase de rénovations de plus d’une décennie, pour un budget total de 52 millions de francs. Il accueille à nouveau le public depuis le 1er avril 2026.

En-dehors de la restauration historique et patrimoniale du monument, ce chantier a permis de mettre sur pied une nouvelle exposition permanente, intitulée « Grandson : 1'000 ans d’histoire ». Comme l’explique son directeur Camille Verdier, exit les collections disparates d’autrefois, du silex à la voiture ancienne en passant par les armures. La nouvelle exposition permanente est consacrée au monument en lui-même et à la bataille de Grandson. « C’est beaucoup plus complexe que les méchants Bourguignons et les gentils Suisses », insiste-t-il.

Camille Verdier : « Chaque propriétaire à partir du 20e siècle amenait sa collection. »

Une organisation étonnante

Contrairement à ce qu’on imagine souvent, le Château de Grandson n’appartient ni à la Commune de Grandson, ni à l’État de Vaud. Il est la propriété d’une fondation, la Stiftung für Kunst, Kultur und Geschichte, basée à Winterthour. Elle a confié sa gestion à une autre fondation, la Fondation du Château de Grandson.

L’explication est historique. Quand le château a été mis en vente en 1980, deux institutions vaudoises se sont constituées, mais elles n'ont pas pu réunir les fonds pour l’acquérir. C’est la fondation alémanique qui y est parvenue, mais elle a confié la gestion des lieux à l’une d’entre elles.

Le Château de Grandson est un des plus grands de Suisse. Le Château de Grandson est un des plus grands de Suisse.

Camille Verdier : « L’acheter c’est une chose, le gérer, c’en est une autre. »

L’institution emploie 13 personnes équivalent plein temps. En coulisses, l’équipe s’affaire dans des domaines très divers : le musée et l’accueil des visiteurs, bien sûr, mais aussi la médiation culturelle, l’organisation de manifestations publiques et l’hébergement d’événements.

Malgré cela, ces activités ne suffisent pas à elles seules à rendre le Château de Grandson rentable. « Je connais très peu de musées qui font des bénéfices », explique Camille Verdier. « Même les plus grands, ceux qui sont les plus visités, fonctionnent à perte ». En tant que directeur, une de ses attributions consiste justement à aller chercher les fonds nécessaires pour combler ce déficit opérationnel. Cela dit, comme toutes les institutions culturelles comparables, le Château a des retombées touristiques dans sa région.

Camille Verdier : « Il n’y a quasiment aucun moyen de faire des bénéfices. »

Et les travaux ne sont pas terminés. Les espaces verts vont subir une intervention ambitieuse et une boulangerie va s’installer dans le châtelet rénové. Le Château de Grandson va également accueillir à l’avenir des expositions temporaires. /jhi


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