« Vendanger un 19 août, du jamais vu ! »

Certains domaines ont commencé à vendanger ce mercredi, quasi un mois plus vite que la normale ...
« Vendanger un 19 août, du jamais vu ! »

Certains domaines ont commencé à vendanger ce mercredi, quasi un mois plus vite que la normale. C’est le cas de la cave des Lauriers Jungo & Fellmann. Reportage au cœur du vignoble de Cressier.

La récolte de raisins bat déjà son plein, comme ici à Cressier dans les vignes de la cave des Lauriers. La récolte de raisins bat déjà son plein, comme ici à Cressier dans les vignes de la cave des Lauriers.

« On l’a vu venir, mais on n’osait pas y croire, c’est quelque chose de fou. » Christian Fellman n’hésite pas sur les mots au moment de commenter cette année viticole. Les vendanges ont déjà commencé dans la région. Ce mercredi, c’était le premier jour de récolte de raisins à la cave des Lauriers Jungo & Fellmann à Cressier.

Sous une forte chaleur, une vingtaine de personnes se sont activées dès les premières heures de la journée dans les vignes cressiacoises pour récolter le pinot gris. Habituellement, les vendanges neuchâteloises débutent plutôt autour de la mi-septembre, souligne Christian Fellmann, co-gérant de la cave des Lauriers. « Dans les années précoces, en 2022, on a vendangé le 6 septembre. En 2003, c’était le 8 septembre, mais on était trop tard, on l’a remarqué par la suite. » 

Notre reportage au cœur de ces vendanges historiques avec Christian Fellmann : « C’est inimaginable, du jamais vu de mémoire de vigneron de notre époque. »

Un raisin arrivé à maturité très tôt

La chaleur, l’ensoleillement et surtout l’absence de précipitations ont accéléré la maturation du raisin. Les grappes sont relativement peu gonflées, mais présentent une importante concentration. « Il n’y a pas un grain pourri, de belles baies, pas de tri à faire, c’est juste magnifique », lance Christian Fellmann. Si la qualité sera au rendez-vous, la quantité moins. « Le rapport jus-fruit-poids sera beaucoup plus faible que d’habitude », précise le vigneron-encaveur.

Les professionnels avaient vu cette précocité arriver, sans forcément imaginer qu’elle serait aussi importante. Fort de sa longue expérience, Christian Fellman se remémore que par le passé, il y a déjà eu des années hors normes. « En 1976, on avait arrosé le vignoble de Cressier avec l’aide de la protection civile. »

« Ceux qui travaillent la terre doivent s’adapter, c’est la difficulté de nos métiers. »

Un millésime 2026 prometteur, mais gare aux orages

Pour l’heure, les indicateurs sont au vert. Mais le vigneron reste toutefois prudent : après avoir échappé aux principaux aléas jusqu’ici, le vignoble doit encore éviter un orage de grêle qui pourrait compromettre une partie de la récolte.

« On a en tête le souvenir du 20 juin 2013 avec 80% du vignoble neuchâtelois anéanti. »

Cette précocité constitue également un défi organisationnel pour les domaines. Il faut notamment réussir à trouver suffisamment de vendangeurs disponibles en plein mois d’août. « Mon épouse vit au téléphone, au WhatsApp, au mail pour trouver du monde. » Autre souci pour les caves, le personnel fixe. « Nos employés prennent leurs vacances souvent dans la période actuelle. Et puis, il a fallu aussi accélérer les mises en bouteilles pour préparer les vendanges », énumère Christian Fellman.

« Trouver du personnel aussi tôt dans la saison, c’est galère ! »

À Cressier, la récolte du pinot gris marque ainsi le début d’une campagne qui pourrait entrer dans les annales du vignoble neuchâtelois. /jpp


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