On navigue toujours sur le Doubs, mais la situation devient tendue. Le départ des bateaux de la Société de navigation sur le lac des Brenets a déjà déplacé ses embarcations à 150 mètres en aval du point de départ habituel. Le directeur attend les orages avec impatience.
Un début de saison sur les chapeaux de roues. Mais jusqu’à quand cela durera-t-il ? Depuis Pâques, le carnet de réservation de la société de navigation sur le lac des Brenets (NLB) est plein. Toutefois, il y a une semaine et demie, l’entreprise a déplacé de 150 mètres les bateaux, en direction du Saut-du-Doubs. Le niveau du plan d’eau baisse. C’est normal en période estivale. Le directeur de la NLB, Yvan Durig sait que pendant la saison chaude, il faut compter sur une diminution journalière de 18 centimètres par jour. Cette année, c’est plutôt 20 cm. L’apport d’eau en provenance de l’amont a tendance à s’amenuiser. Il y a plusieurs raisons, explique le patron de la navigation qui pointe notamment du doigt le facteur humain.
Yvan Durig : « La population a nettement augmenté. Ça peut aussi expliquer le pourquoi. »
Si les pluies ne viennent pas prochainement alimenter le cours d’eau, il se pourrait que d’ici une dizaine de jours les croisières au départ des Brenets doivent être raccourcies en une simple boucle sur le bassin à proximité du saut du Doubs. Il faudra alors organiser des minibus pour transporter les gens sur le site.
Observateur avisé du Doubs depuis son enfance, Yvan Durig relève les données depuis de nombreuses années. Son père le faisait avant lui. Les statistiques montrent que traditionnellement, la rivière déborde le 15 juin et le 15 août. Cette année, ça n’a pas été le cas, en tout cas à l’aube de l’été.
« Quand on n’avait pas ces pics de débordement, une sècheresse s’amorçait directement derrière. »
Face à un ciel qui refuse de lâcher ses réserves d’eau, l’anxiété fait partie du quotidien d'Yvan Durig. Il scrute les radars météo en espérant que les orages annoncés ces prochains jours touchent aussi la région des Brenets.
« Les orages, on sait comment c’est. Il peut pleuvoir au Locle et pas aux Brenets. »
En 2022, une taskforce a été mise en place pour trouver des solutions face à la porosité du lit de la rivière. D’anciennes études ont été retrouvées, d’autres ont été menées. Il existe des solutions pour empêcher l’eau de s’échapper. Le dossier est entre les mains des politiques, assure Yvan Durig.
« On a un hydrogéologue qui a établi un dossier pour colmater les pertes avec du géotextile, de l’argile. »
Pour l’instant, les bateaux de la NLB continuent de faire voguer les visiteurs jusqu’au Saut-du-Doubs.
Quand on demande à Yvan Durig ce qu’on peut lui souhaiter pour l’avenir, sa réponse est « de l’eau ». Son entreprise, qui emploie entre 10 et 13 personnes à l’année, réalise son chiffre d’affaires sur une période de 7 mois. Un laps de temps durant lequel l’or bleu est un allié indispensable. /cwi









