Fouilles à Colombier : des murs de la villa gallo-romaine font leur apparition

L’ouverture d’une tranchée à la rue du Château a permis de mettre au jour un pan de mur romain ...
Fouilles à Colombier : des murs de la villa gallo-romaine font leur apparition

L’ouverture d’une tranchée à la rue du Château a permis de mettre au jour un pan de mur romain qui n’avait pas été répertorié jusque-là. Environ 150 tombes ont déjà été découvertes près du temple dans le cadre de ces fouilles.

Les fouilles archéologiques à la rue du Château, à Colombier, ont révélé des murs de la villa gallo-romaine. Les fouilles archéologiques à la rue du Château, à Colombier, ont révélé des murs de la villa gallo-romaine.

Les découvertes s’enchaînent sur le chantier de fouilles de Colombier. Depuis fin janvier, l’Office d’archéologie cantonale de Neuchâtel profite des travaux d’extension du réseau de chauffage à distance pour documenter des zones jusqu’ici inexplorées. Les archéologues ont déjà mis au jour environ 150 corps enterrés dans un ancien cimetière près du temple de Colombier. Les ossements ont été prélevés pour être étudiés de manière plus approfondie. L’une des dépouilles a été datée au carbone 14 ; une démarche qui situe le corps au 14e siècle, selon Sarah Paudex, archéologue et codirectrice de ce chantier de fouilles. Les squelettes étaient parfois enfouis sur cinq niveaux différents. « Ça indique que c’est un cimetière qui a été utilisé sur une très longue durée », explique Sarah Paudex.

Lors de ces fouilles menées près du temple, un bout du sous-sol de la villa gallo-romaine, qui occupait le site entre le Ier et le IVe siècle apr. J.-C., a aussi été retrouvé. Il s’agit de l’hypocauste, soit une portion du système de chauffage au sol qui se trouvait sous un pavillon.

Sarah Paudex : « Ce qu’on a trouvé surtout, c’est le sous-sol de l’hypocauste ».

La villa gallo-romaine de Colombier livre ses secrets, notamment son hypocauste, système de chauffage au sol. (Photo: Office de l'archéologie cantonale) La villa gallo-romaine de Colombier livre ses secrets, notamment son hypocauste, système de chauffage au sol. (Photo: Office de l'archéologie cantonale)

Une portion de murs de la villa gallo-romaine apparaît au grand jour

Fin mai, les archéologues ont aussi découvert d’anciens murs de cette villa gallo-romaine, près du porche extérieur du Château de Colombier. Le tracé de cette vaste demeure a déjà été documenté sur la base de fouilles précédentes. Avec l’ouverture d’une tranchée sur la rue du Château, zone jusqu’ici inexplorée, « on a pu confirmer la continuation des murs déjà connus », indique l’archéologue Eva Geith Hidam, également codirectrice de ce chantier de fouilles. Un pan inédit a aussi été mis au jour ce mardi.

Reportage dans le chantier de fouilles de Colombier

Un mur de la villa gallo-romaine à Colombier, trouvé à la rue du Château par l'Office de l'archéologie cantonale. Un mur de la villa gallo-romaine à Colombier, trouvé à la rue du Château par l'Office de l'archéologie cantonale.

Les premières fouilles liées à cette villa gallo-romaine remontent à 1840. « On a retrouvé surtout des vestiges d’enduits peints qui nous permettaient de savoir comment les pièces étaient décorées à l’époque romaine. On a également trouvé certains mobiliers tels que de la céramique. Et aujourd’hui, ce qu’on essaie surtout de faire c’est en fait de compléter le plan de la villa romaine en fouillant des parcelles qui n’ont encore jamais été fouillées jusqu’à présent », précise Sarah Paudex. Pour l’anecdote, ce mardi matin, les archéologues ont aussi découvert ce qui pourrait être une dent de cheval.

Ces fouilles s’inscrivent dans une logique d’archéologie préventive. Cela consiste à documenter le plus précisément possible les découvertes réalisées, avant qu’une partie des anciens murs romains ne cèdent leur place aux nouvelles canalisations.


Chantier ouvert au public les mercredis

Le public est convié sur le chantier tous les mercredis de 16h à 16h30 pour en savoir plus sur l’avancée des fouilles. Le point de rendez-vous se situe désormais devant le porche extérieur du château, côté est. /sbm

Eva Geith Hidam (à gauche) et Sarah Paudex, archéologues à l'Office de l'archéologie cantonale. Eva Geith Hidam (à gauche) et Sarah Paudex, archéologues à l'Office de l'archéologie cantonale.


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