En réponse à l'invalidation de l'initiative sur des transports publics gratuits, les députés neuchâtelois ont accepté mardi par 66 oui, 27 non et sept abstentions de subventionner à hauteur de 66% les abonnements régionaux pour les jeunes de moins de 25 ans dès la rentrée scolaire. Une enveloppe de 14,5 millions de francs y est associée.
En février 2018, une initiative populaire cantonale est déposée pour des transports publics gratuits. Huit plus tard et après plusieurs rebondissements, c’est l’épilogue. Le Grand Conseil a accepté ce mardi une alternative : celle d’un crédit de 14,5 millions de francs pour subventionner les transports publics des jeunes. Dès la prochaine rentrée scolaire et pour une durée de deux ans, les moins de 25 ans bénéficieront d’un rabais de 66% sur un abonnement de transport public régional. « Soit un franc et des brouettes par jour », comme l’a exprimé devant le plénum la conseillère d’État Céline Vara.
Ce résultat est un ultime compromis de commission, trouvé en dernière minute, car l'objet nécessitait une majorité qualifiée des 3/5e, donc 60 voix en sa faveur. La proposition a été élaborée à la suite de deux amendements déposés par le groupe PLR-Le Centre. Ce dernier voulait baisser le subventionnement à 60% ou même limiter l'offre aux jeunes en formation. Il a retiré ces amendements à la suite de ce compromis. Le député PLR, Grégory Huguelet-Meystre explique : « Aujourd’hui, on a parlé de transports publics, mais demain de pouvoir d’achat. Si on est incapable de forger des compromis sur des thématiques telles que les transports publics, comment voulez-vous qu’on arrive à discuter entre la gauche et la droite sur des thématiques telles que la fiscalité, l’imposition et les successions ? »
Grégory Huguelet-Meystre : « Cette subvention n’a pas convaincu l’entier du groupe parce qu’elle a un caractère d’arrosage. »
Ce compromis a également été encensé par le député socialiste Romain Dubois. Il a évoqué devant l’hémicycle « un contre-projet de la démocratie, de la nuance et de l’intelligence ». Il se réjouit surtout de l’impact qu’une telle mesure aura sur les familles. « C’est assez énorme. Pour une famille qui a deux enfants de moins de 25 ans qui ont des abonnements trois zones, l’économie sera de 1'000 francs lors de la prochaine rentrée scolaire. »
Romain Dubois : « On a là un argument de domiciliation. »
Le premier projet de la commission prévoyait de subventionner durant une période-test de deux années à hauteur de 69% l’abonnement régional Onde verte de cinq zones pour les jeunes jusqu’à 25 ans ou de 66% les autres abonnements. Le coût résiduel aurait été alors de 1 franc par jour pour les jeunes.
Le Conseil d’État était favorable à la proposition parce qu’elle limitait l’impact financier. Sur les 14,5 millions de francs, 8,7 millions seront à charge du canton et 5,8 millions des communes.
Le modèle de l’abonnement à un franc par jour pour les jeunes existe déjà en ville de Zurich et dans le canton de Bâle-Ville. Dans ce dernier, le nombre d’abonnements a augmenté de 20% en 2024 pour cette catégorie de la population.
Pas d'AG cantonal à 16 francs par mois
Les députés ont toutefois refusé par 53 non et 24 oui et 23 abstentions une motion populaire, munie de 312 signatures. Celle-ci prévoyait l’introduction d’un abonnement général annuel au prix moyen de 16 francs par mois, offrant à chaque citoyen du canton un accès illimité à tous les transports publics du territoire neuchâtelois.
Selon les motionnaires, l’actuel produit des billets et abonnements Onde Verte encaissés auprès des usagers aurait été couvert par l’ensemble des habitants ayant domicile dans le canton de Neuchâtel, soit 32,5 millions de francs répartis entre 170'000 personnes de 6 ans et plus. /ATS-jpp













