Une montre qui indique l’heure juste durant de très longues années, même après avoir passé 12 mois au fond d’un tiroir. C’est la promesse du mouvement à quartz solaire imaginé par la Manufacture La Joux-Perret (MLJP).
En 2020, le groupe LVMH a donné pour mission à l’entreprise chaux-de-fonnière, pourtant spécialisée dans les mouvements mécaniques, d’élaborer ce système. L’année suivante, MLJP présentait un concept complet et lançait la production en 2022. C’est allé très vite, reconnait le CEO de La Joux-Perret, Jean-Claude Eggen. La crise du covid sévissait. « L’avantage durant cette période, c’est qu’on n’avait pas beaucoup de rendez-vous avec les clients ».
Jean-Claude Eggen : « Pour nous, c’était une très bonne opportunité d’entrer dans ces mouvements électroniques. »
Ce que la Manufacture La Joux-Perret a apporté en plus, c’est la performance. « On consomme quatre fois moins d’énergie que la concurrence pour faire tourner nos moteurs » et quand la batterie est complètement vide, il ne faut que quelques secondes pour que les aiguilles se remettent en marche, contre 6h à 8h pour ceux des autres fabricants, assure Jean-Claude Eggen.
« On a développé beaucoup de choses dans le software. »
Pour pouvoir faire fonctionner des cellules solaires sous le cadran, il faut que celui-ci soit légèrement transparent, sans que l’œil ne puisse détecter cette translucidité. Dans le monde horloger, on évite de sacrifier l’esthétisme sur l’autel de la technologie. Ce sont donc des cadrans en plastique, recouverts de très fines couches de peinture qui viennent se poser sur les mouvements. Ils laissent passer 10% de lumière, de quoi faire fonctionner les cellules. Là encore une prouesse à en croire Jean-Claude Eggen qui signale au passage que la concurrence a besoin d’une transparence de 40%.
À ses débuts en 2022, la chaine de production livrait annuellement 40’000 mouvements. Elle en est aujourd’hui à 100'000. MLJP a entre-temps développé quatre nouveaux calibres et travaille actuellement sur le cinquième . Et selon Jean-Claude Eggen, la qualité est au rendez-vous : « Sur 250'000 pièces, il n’y a eu que trois retours et un seul était de notre faute ».
« En horlogerie suisse, la qualité n’est pas assez haute sur certains produits. »
Depuis 2022, les principaux clients de la manufacture chaux-de-fonnière sont Tag Heuer et Tiffany & Co, deux marques issues du sérail LVMH. « Sept autres marques vont encore arriver », assure le CEO.
La Joux-Perret voit l’avenir avec optimisme. Elle prévoit une forte croissance, de l’ordre de 70%, pour les deux prochaines années, voire même jusqu’en 2030. Les effectifs, aujourd’hui autour de 130, devraient grimper jusqu’à 160, voire 170 personnes, estime Jean-Claude Eggen. Et c’est surtout le cœur de métier de l’entreprise, les mouvements mécaniques, qui devrait en bénéficier.
« La grande croissance de la Manufacture La Joux-Perret vient des nouveaux mouvements mécaniques. »
En novembre dernier, le groupe LVMH annonçait une prise de participation minoritaire dans La Joux-Perret. « Pour eux, c’était aussi important qu’on reste indépendant et créatif. Aujourd’hui, on livre des mouvements à quartz solaires, mais demain on livre peut-être d’autres choses à LVMH », conclut le CEO de la manufacture chaux-de-fonnière. /cwi











