Du Québec à l’île de Mayotte, il a conquis la francophonie. Développé en 2022, le dictionnaire numérique neuchâtelois DicoApi poursuit son développement en étant désormais disponible sous forme d’application.
C’était la pièce manquante dans les outils pédagogiques numériques pour l’école, selon ses concepteurs : un dictionnaire sonorisé qui combine à la fois les recherches phonétiques et des images. DicoApi a été développé en version web par des Neuchâtelois en 2022. Son but : aider les jeunes qui souffrent de troubles du langage, comme les dyslexiques, et les allophones. Il est présent dans les classes neuchâteloises mais pas que. Toute la francophonie l’utilise, du Québec, où il connait un franc succès, en passant par l’ile de Mayotte.
Et depuis la semaine passée, DicoApi a franchi une nouvelle étape dans son développement. Il est disponible sous forme d’application pour Iphone et Ipad. « Une grande première mondiale », s’exclame André Tissot-Daguette à l’origine du projet avec plusieurs passionnés, dont Luca Ferrazzini. « En le téléchargeant, cela nous permet de le faire fonctionner hors ligne, donc par exemple, en classe sans Wi-Fi pendant des examens. Un immense défi », souligne cet enseignant neuchâtelois spécialisé et président de l’APIL (Association de développement d'aides pédagogiques informatiques en libre accès) qui s’occupe notamment de financer le projet. La volonté est désormais d’exporter DicoApi sur d’autres systèmes, comme Android ou Mac. « Mais pour y parvenir, il faut que des gens fassent des dons à l’association pour qu’on puisse continuer le travail. Parce que le comité est bénévole, mais les heures de développement sont rémunérées », explique André Tissot-Daguette.
André Tissot-Daguette : « La suite, c’est développer DicoApi dans des versions allemandes et anglaises. »
DicoApi présent sur environ 3'000 ordinateurs d’écoles du canton
Ce dictionnaire numérique est déjà bien implanté dans les écoles du canton comme l’explique André Tissot-Daguette. « Il est accessible via le Réseau pédagogique neuchâtelois. On essaie de promouvoir une utilisation plutôt via l’ordinateur de classe plutôt que devoir équiper les élèves de tablettes individuelles. » L’enseignant spécialisé en est persuadé, « DicoApi fera bientôt partie des meubles de l’école neuchâteloise. »
« Privilégier l’accès pour tous les élèves. »
Depuis 2022, le succès de DicoApi est grandissant, relève André Tissot-Daguette. « On a en moyenne 50 utilisateurs par minute qui restent environ un quart d’heure sur notre interface. On reçoit des messages de Belgique, de Mayotte, de toute la francophonie. Ça nous relie au monde depuis Neuchâtel et ça c’est très exotique. »
« On fait un tabac au Québec. »
« Utile pour tous, mais nécessaires pour certains et certaines »
« Ce dictionnaire ne va toutefois pas remplacer le papier qui aide l’élève à comprendre ce qu’est un dictionnaire et à structurer sa pensée. Il est là pour alléger la surcharge cognitive de certains élèves. Pour qu’ils ne restent pas bloqués par l’orthographe à la porte des apprentissages », précise André Tissot-Daguette.
« Coûts infinançables sans l’association »
Un important travail de codage du français a dû être effectué. « Il nous permet maintenant beaucoup plus rapidement de répondre aux demandes des associations ou des cantons. » Un tel projet a donc demandé un énorme investissement sur l’analyse phonétique du français. Et maintenant de l’allemand et de l’anglais. « Si on avait dû engager des gens de niveau universitaire pour faire cela, les coûts auraient été de plusieurs centaines de milliers de francs », conclut André Tissot-Daguette.
Fonctionnement, exemple, utilité, difficultés, coûts : tout ce que vous devez savoir sur DicoApi :
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