La sécheresse et les canicules à répétition ont représenté un défi majeur cet été sur le site de production de Bio Fish Valley SA à Môtiers. L’exploitation spécialisée dans l’élevage biologique de truites cherche des moyens pour financer un système de pompage d’eau de secours pour assurer les prochains étés.
« En trente ans de métier, c’est la pire année que j’ai vécue. » Après plusieurs mois d’alarmes en continu ou presque, le responsable de l’exploitation Bio Fish Valley SA à Môtiers respire enfin après la sécheresse et les canicules à répétition que la région a subies cet été. « Entre avril et début octobre, il a sans cesse fallu modifier les flux aquatiques, retrier les étangs, diminuer les poissons et chercher des clients pour essayer de sauver le cheptel », détaille François Geiger.
François Geiger : « Plus l’eau se réchauffe, moins l’oxygène peut se dissoudre. »
Malgré cela, l’exploitation spécialisée dans l’élevage de truites bio destinées principalement au secteur de la grande distribution, ainsi qu’à la restauration et à la vente directe dans une moindre mesure, a subi « d’importants dommages : nous avons perdu une bonne partie d’un cycle piscicole, ainsi que des grosses truites qui auraient dû partir en ce moment. » Il faut savoir que ces poissons « ont besoin d’énormément d’oxygène et d’eau très fraîche. » Un défi évident au cours de l’été qui vient de se terminer.
Projet de pompe d’eau de secours
Installée sur deux hectares de terrain juste à côté de la Vieille Areuse à Môtiers depuis 1911, l’exploitation est alimentée en eau par la rivière par gravitation. En vue d’assurer les prochains étés, Bio Fish Valley SA vient de recevoir le permis de construire pour un système de pompage d’eau de secours qui serait installé juste avant la sortie des eaux de la pisciculture.
« Cette pompe n’aura aucune influence sur le débit d’eau de la Vieille Areuse. »
La recherche de financement est en cours. François Geiger espère que la structure puisse être fonctionnelle dès le printemps prochain. Si le processus devait tarder, il ne sera toutefois pas démuni : « j’ai appris cette année deux-trois ficelles, comme sortir un maximum de poissons commercialisables pour ne garder que des jeunes voire, idéalement, avancer les ventes. »
« Les jeunes seront peut-être plus nombreux, mais ils auront besoin de moins d’oxygène. »
Station de filtrage naturelle
A l’origine site de production de l’Etat pour le repeuplement des cours d’eau et du lac de Neuchâtel, l’exploitation devenue familiale en 2012 bénéficie de 24 bassins dont la moitié ont été rendus à la compensation écologique. « Nous avons commencé par élever 80 à 90 tonnes de truites, puis, l’eau diminuant au fil des années, nous avons peu à peu baissé notre production pour arriver désormais à un maximum de 30 à 40 tonnes par année », précise François Geiger. Dans les bassins non exploités pour l’élevage des truites, Bio Fish Valley SA a installé des « plantes digestives qui vont consommer les sédiments et souillures pour laisser l’eau ressortir propre. » L’exploitation se passe ainsi de l’utilisation de filtres à particules ou d’ozone pour traiter ses eaux usées avant leur rejet dans la rivière. /aes










