Quatre partis représentés au Grand Conseil neuchâtelois souhaitent peser dans le débat autour de l’avenir de la mobilité cycliste. Les Verts, les Socialistes, le Parti ouvrier et populaire et les Vert’libéraux ont lancé jeudi cinq objets parlementaires dans le domaine.
En agissant de cette manière, ils espèrent infléchir la trajectoire initiée par la révision du Plan directeur cantonal de mobilité cyclable (PDCMC), dont la consultation a pris fin cet été. Avec ce document, le Conseil d’État doit fixer des priorités en matière d’aménagements cyclables à l’horizon 2042. Également au programme : un doublement du budget dans le domaine, qui passerait à quatre millions de francs. Le nombre de pistes cyclables séparées du trafic serait également significativement augmenté.
Neuchâtel à la traîne
Dans le sillage d’associations cyclistes ou environnementales qui ont déjà pris position en septembre, les quatre formations politiques saluent l’effort consenti mais estiment que c’est trop peu, trop tard. Dans le canton de Neuchâtel, « on a une part de report modal, c’est-à-dire une part de trajets qui sont faits à vélo par rapport aux autres moyens de transport de 2,6%, c’est le taux le plus bas de Suisse avec le Valais », explique le député Vert’libéral Mauro Moruzzi, invité vendredi dans la Matinale RTN. À titre de comparaison, Berne dépasse déjà les 10%. « Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est faire le constat qu’on n’est pas bon […] et qu’on doit devenir meilleurs », estime-t-il.
Les députés impliqués dans cette démarche souhaitent infléchir cette tendance de plusieurs manières différentes. Cela commence par un projet de loi, qui établirait un objectif chiffré, absent pour le moment du PDCMC : 10% de part modale en 2036. Des pointages seraient opérés pendant les dix prochaines années afin de mesurer le chemin parcouru vers cet objectif.
À travers une motion, les quatre groupes réclament des « infrastructures sans rupture », c’est-à-dire « des liaisons cyclables utilitaires, continues, directes et sûres », qui ne seraient pas interrompues par les carrefours, giratoires et tunnels. Il s’agit d’identifier et de corriger les lacunes qui empêchent à l’heure actuelle de relier les différentes régions du canton entre ellse, ainsi qu’avec la France voisine. À ce titre, le tunnel de la Clusette, où les cyclistes peuvent emprunter la galerie de sécurité, est cité en exemple.
Réductions de vitesse
La sécurité fait l’objet d’une recommandation. Un objet non-contraignant qui recommande de se soucier des risques encourus par les cyclistes dans le trafic. Cela pourrait aller jusqu’à des réductions de vitesse pour les voitures, par exemple sur les tronçons limités à 80 km/h qui ne sont pas dotés d’une piste cyclable.
Le quatrième axe passe par l’école, qui doit, selon les partisans de cette réforme, intégrer la sensibilisation au vélo, par exemple dans les cours de gymnastique, comme c’est déjà le cas ponctuellement ça et là dans le canton. La motion déposée réclame aussi de faire en sorte de faciliter l’accès des infrastructures scolaires aux cyclistes. On compte « deux fois moins d’enfants qui se rendent à l’école à vélo qu’il y a 30 ans », relève Mauro Moruzzi. Dans une recommandation, les signataires appellent de leurs vœux une éducation routière « adaptée aux objectifs de promotion de la mobilité douce ». /jhi








