Les cantons de Neuchâtel, du Jura et de Berne ont signé ce jeudi matin à La Chaux-de-Fonds une déclaration d'intention avec les Chemins de fer du Jura et les gestionnaires de déchets de la région. Une garantie nécessaire avant que les CJ n'investissent pour renouveler leur flotte.
Huit acteurs et un même objectif : maintenir le transport ferroviaire des déchets. Ce jeudi matin, les Cantons de Neuchâtel, du Jura et de Berne étaient réunis au Club 44 à La Chaux-de-Fonds avec les gestionnaires de déchets de la région ainsi que les Chemins de fer du Jura. Ensemble, ils ont signé une déclaration d’intention afin de pérenniser le transport des déchets par le rail. Cette collaboration n’est pas nouvelle puisqu’elle est vieille de près de 30 ans. Chaque année, 33'000 tonnes de déchets et de mâchefers (résidus de déchets) transitent entre l’usine neuchâteloise Vadec de La Chaux-de-Fonds, l’entreprise Celtor basée à Tavannes dans le Jura bernois et la société jurassienne SEOD à Glovelier. Cette signature a pour objectif d’ouvrir la voie au renouvellement du matériel roulant des CJ et d’augmenter ainsi la capacité annuelle de transports de 33'000 à 45'000 tonnes. « Il est essentiel pour nous d’éviter le recours à la route », estime Céline Vara, conseillère d’État neuchâteloise en charge notamment des transports. Une démarche qui s’inscrit dans les objectifs climatiques fixés par le Canton de Neuchâtel.
Céline Vara : « C'est un message très fort. »
« Cette déclaration d'intention constitue un élément clé de notre stratégie 2040 », explique Géraldine Beuchat, présidente du conseil d'administration du transporteur jurassien. Elle sécurise les nouveaux investissements de 11 millions de francs du transporteur, qui a acquis trois nouvelles motrices et des wagons à fond plat. « Le matériel roulant pour le trafic marchandises est en fin de vie », a ajouté la présidente. Les nouveaux wagons et motrices devraient être mis en circulation à fin 2028. Investir dans le transport de fret est aujourd’hui indispensable pour la compagnie.
Géraldine Beuchat : « Plus on utilise nos rails, plus la répartition est bénéfique. »
L'amélioration du matériel roulant permettra une augmentation de 40% de la capacité de transport de marchandises, un secteur très important pour les CJ. Ces derniers ont transporté 120'000 tonnes de matières en 2025, dont 53% de bois et de betteraves.
« Nous sommes plus forts ensemble »
« Adapter le matériel roulant permet à l’Arc jurassien de rester connecté au fret national », ajoute Céline Vara. « Nous sommes plus forts ensemble pour défendre nos infrastructures ferroviaires ». Le ministre jurassien en charge des transports, Jean-Paul Lachat, précise qu'une étude a été commandée pour évaluer la différence entre le transport de déchets par le rail ou par la route. « Le rail reste la solution la plus pertinente pour le transport sur de longues distances. »
Jean-Paul Lachat : « Dans une vision à long terme, le rail reste plus intéressant. »
Et d’ajouter que le transport par camions aurait un impact financier non négligeable pour entretenir les routes. Sans compter les nuisances environnementales et pour la population. « En utilisant le rail pour les longues distances, plutôt que la route, on économise 269 tonnes de CO2 par année entre Glovelier et La Chaux-de-Fonds », explique André Marquis, le président de la société SEOD. Beat Gerber, de l'entreprise Celtor, a rappelé que le camion reste toutefois indispensable pour faire les derniers kilomètres. De plus, cette collaboration s’inscrit dans la future centralisation de la valorisation thermique des déchets ménagers à La Chaux-de-Fonds. « À terme, quelque 21'000 tonnes de déchets seront expédiées dans la Métropole horlogère par rail et en retour 24'000 tonnes de mâchefers seront envoyées chez Celtor et SEOD chaque année », précise Emmanuel Maître, directeur général de Vadec.
Emmanuel Maître : « L'efficacité logistique est très importante pour Vadec. »
Nouvelle clé de répartition à venir
L'Office fédéral des transports (OFT) salue également les efforts entrepris pour assurer la pérennité de ce dispositif. La convention financière entre les différents partenaires va être élaborée d'ici à l'été 2027. Le travail vise à établir une clé de répartition pérenne entre les différents partenaires. Actuellement, les collectivités publiques versent un montant de 760'000 francs par an, dont une grande part est financée par la Confédération.
Jean-Paul Lachat : « Probablement qu'on restera dans des chiffres similaires. »
Le Canton du Jura a communiqué jeudi de son côté sur un aspect du financement du transport de déchets. Grâce à un accord avec le Canton de Genève dans le cadre de l’accueil de mâchefers, le canton du Jura pourra financer le maintien du transport des déchets par le rail. La contribution genevoise s'élève à 3,2 millions de francs.
Elle permettra de financer dès 2027 l’entier du coût annuel de ces transports à charge du Canton du Jura mais aussi tout ou partie du surcoût – engendré par le renouvellement du matériel roulant – à charge du Syndicat intercommunal du district de Porrentruy (SidP) et du Syndicat de gestion des déchets de Delémont et environs (SEOD). Cet argent permettra de couvrir ces coûts au moins jusqu’en 2032. /ats-crb









