Les délégués de l’Église réformée évangélique neuchâteloise étaient réunis en synode ce mercredi à Montmirail. Ils ont accepté le principe d’une refonte des salaires, notamment pour mieux reconnaître la formation des pasteurs.
Depuis son pupitre, le président du synode l’annonce d’entrée : cette réforme, « c’est le gros sujet de la journée ». Les discussions s’éternisent depuis 20 ans pour revaloriser le salaire des pasteurs, sans dénouement jusqu’ici.
Actuellement, l’Église réformée évangélique du canton de Neuchâtel (EREN) verse un salaire identique aux diacres et aux pasteurs. Or, les seconds sont titulaires d’un diplôme universitaire, contrairement aux diacres. Faut-il donc faire évoluer la grille salariale, unique aujourd’hui, vers des rémunérations différenciées ? Telle était la question posée à l’assemblée des délégués paroissiaux.
Une question d’attractivité
Si Neuchâtel paie autant ses diacres que ses pasteurs, les autres cantons n’appliquent pas la même règle. Les pasteurs y sont mieux rémunérés (jusqu’à 50'000 francs de différence par année, selon un rapport du Conseil synodal), ce qui affecte fortement l’attractivité des paroisses neuchâteloises. Plusieurs pasteurs ont d’ailleurs quitté le canton ces dernières années, et la rémunération a pu peser dans leur décision.
Cependant, certains délégués opposés à la réforme ont aussi expliqué avoir personnellement reçu des offres avantageuses, mais les avoir refusées par attachement à l’EREN. Pour eux, le travail religieux devrait rester une vocation.
Est-il juste de hiérarchiser les tâches ?
Les opposants ont également rappelé que les tâches des pasteurs et des diacres sont souvent similaires. Ainsi, pourquoi un culte devrait-il être mieux reconnu que l’accompagnement d’une famille en deuil ? Ils estiment que tous ces rôles sont importants et qu’établir une différence salariale serait injuste.
Myriam Robert, déléguée de la paroisse de l'Entre-deux-Lacs : On valorise beaucoup les formations académiques, « au détriment de formations plus sociales. »
Yves Bourquin, le président du Conseil synodal et soutien à la réforme, rappelle lui que les pasteurs et les diacres « peuvent faire les mêmes tâches, mais n’ont pas la même formation théologique. »
Yves Bourquin : Un camp sans pasteur pourra faire de l’entraide, mais « ne sera pas un camp de formation théologique. »
Le synode décide d’avancer
Au terme des débats, le synode a accepté à une large majorité le principe de la réforme pour supprimer le barème unique. Il charge le Conseil synodal de lui présenter un rapport pour lui proposer cette nouvelle grille salariale d’ici au mois de juin 2027. Après 20 ans de discussions, la réforme est bel et bien lancée. /jti









