Le sort du budget 2026 du Canton de Neuchâtel s’est joué dans les coulisses du château. Le Grand Conseil l’a accepté mardi après-midi par 83 oui, 8 non et 8 abstentions. Le texte prévoit un bénéfice de 16,9 millions de francs. Les discussions ont pu aller de l’avant grâce à un compromis qui s’est dessiné en commission tôt mardi matin, avant même le début de la session.
Débat fiscal source de frictions
La source du désaccord portait sur la prolongation souhaitée pour 2026 par le Conseil d’Etat de la baisse fiscale de 2% amorcée il y a deux ans. Le groupe socialiste s’opposait à cette mesure, estimant qu’elle profitait avant tout aux hauts revenus. Les socialistes proposaient un rabais d’impôt identique pour chaque contribuable. Cet amendement a toutefois engendré une levée de boucliers à droite. Pour le groupe PLR-Le Centre, le mécanisme proposé aurait engendré une hausse de la fiscalité pour les classes moyennes et supérieures. La droite y était donc opposée. A l’issue des discussions matinales, le groupe socialiste a accepté de retirer sa proposition. En contrepartie, une motion et un projet de loi ont été mis sur la table visant à séparer, dès l’année prochaine, les débats fiscaux des débats budgétaires. La commission financière appelle également à ce que toute hausse ou baisse fiscale soit désormais validée par la majorité des 3/5e des membres du parlement.
Romain Dubois : « On a accepté de retirer notre amendement non seulement pour que ce budget puisse passer, mais également avec une garantie pour l’avenir, qu’on n’ait plus de débat fiscal en même temps que les débats budgétaires. »
La droite partageait la vision du Conseil d’Etat. A ses yeux, renoncer à prolonger cette baisse fiscale aurait été un mauvais signal envoyé à la population dans un contexte de perte du pouvoir d’achat et de forte concurrence engendrée par les politiques fiscales des cantons voisins. Pour le député libéral-radical Cédric Haldimann, il était important de poursuivre dans cette voie.
Cédric Haldimann : « On prône le statu quo. On ne souhaite aucune augmentation d’impôts pour aucun contribuable neuchâtelois. »
Pour le groupe VertsPOP, par la voix de Christine Amman Tschopp, « ce cadeau fiscal est inadéquat pour 2026 alors qu’on s’accroche à la bouée des réserves ». Le résultat bénéficiaire s’explique en effet par un recours aux réserves de plus de 89 millions de francs. L’élue verte y voit « une étrange décision du Conseil d’Etat ».
Au final, cette baisse d’impôts continuera donc de s’appliquer en 2026, la mesure ayant été acceptée par un peu plus de la majorité des voix. La quarantaine de refus émanait des rangs socialistes et VertPOP.
Manque de vision à long terme dénoncé par les Vert’libéraux
Du côté des Vert’libéraux, Mireille Tissot-Daguette s’est inquiétée « du manque de vision à long terme » du gouvernement. A ses yeux, « on éponge un déficit à l’aide des réserves, mais sans pistes d’amélioration. C’est une fausse vitrine qui ne reflète pas les années à venir qui s’annoncent difficiles », a ajouté la députée.
Au sein du groupe UDC, plusieurs députés ont purement et simplement refusé cette mouture 2026. « Ce budget n’est équilibré qu’en apparence », a déclaré le député Evan Finger à la tribune. « Aucune mesure de maîtrise des charges n’a été retenue. On le regrette », a-t-il complété. Le groupe a également dénoncé des charges de personnel en constante hausse et une dette qualifiée de « menace sérieuse ». Celle-ci devrait atteindre 1,95 milliard de francs en 2026. Les investissements s’élèveront quant à eux à 153,5 millions de francs.
Soutien à l'économie et subsides en hausse
Lors de ces débats budgétaires, le Grand Conseil a également validé le plan d’action du Conseil d’Etat devisé à 7,9 millions de francs, pour soutenir l’économie neuchâteloise face aux droits de douane américains. Le parlement a également accepté de débloquer 7,75 millions de francs pour augmenter l’enveloppe des subsides à l’assurance maladie. /jpp-sbm













