Le Canton augmente les aides au rythme de l'augmentation des primes d’assurance maladie et introduit une procédure plus souple dès janvier prochain. Cela coutera 87 millions de francs au Canton et aux communes neuchâteloises.
Le Canton de Neuchâtel poursuit ses efforts pour alléger la charge que font peser les primes d’assurance maladie sur les ménages. Le Conseil d’État a présenté vendredi les mesures prévues pour l’année prochaine. Les subsides à l’assurance maladie seront augmentés proportionnellement à la hausse des primes. Il faut rappeler que les primes 2026 progresseront en moyenne de 3,9% dans le canton. Le montant mensuel maximal délivré sera de 643 francs pour les adultes en 2026 (593 francs en 2025), de 484 francs pour les jeunes adultes (447 francs en 2025) et de 160 francs pour les enfants (154 francs en 2025). Cette adaptation coûtera 11,4 millions de francs à l’État.
Le Canton poursuivra également sa politique d’élargissement du nombre de bénéficiaires, a indiqué la conseillère d’État en charge du Département de l’économie et de la cohésion sociale Florence Nater. Ils sont au nombre de 20'000 cette année dans les classifications ordinaires, selon les projections, contre 11'427 en 2020. Aujourd’hui, 23% de la population neuchâteloise touche ainsi une aide financière de l’État pour le paiement de ses primes d’assurance maladie.
Depuis 2024, une personne seule sans enfant a droit à un soutien à partir d’un revenu déterminant de 50'600 francs, contre 33'060 francs en 2020. Pour un couple avec deux enfants, le montant requis est désormais de 104'317 francs contre 86'928 francs en 2020. Le revenu déterminant se calcule sur la base du revenu affiché dans la déclaration fiscale auquel est retranché le revenu locatif privé. Certains autres éléments sont aussi pris en compte comme les pensions alimentaires.
Florence Nater : « On voit qu’on a apporté une aide substantielle à bon nombre de personnes dans le canton. »
En 2026, le droit aux subsides sera par exemple étendu aux personnes qui entament une deuxième formation.
Une nouveauté se profile encore : l’automaticité mixte. Actuellement, les personnes qui touchent des subsides doivent répondre chaque année à quelques questions par courrier pour voir leur soutien confirmé. Dès le 1er janvier 2026, seuls les nouveaux bénéficiaires devront le faire, explique Florence Nater. Pour les autres, le contrôle se fera uniquement sur la base de la déclaration fiscale. Ce nouveau système doit permettre d’alléger la charge administrative pour le Canton et les Guichets sociaux régionaux, mais aussi pour les bénéficiaires.
« Les personnes qui sont aujourd’hui bénéficiaires, qui ont une fois rempli ce document, n’auront plus besoin de le refaire. »
L’enveloppe dédiée aux subsides de l’assurance maladie devrait s’élever à 160,9 millions de francs l’an prochain, dont 52,1 millions de francs à charge du Canton. La Confédération assumera une facture de 74 millions et les Communes paieront le montant restant, soit près de 34,8 millions de francs. La conseillère d’État a relevé que cela représente une hausse de 40 millions de francs en cinq ans et que « la situation est loin d’être stabilisée ». Si les primes d’assurance maladie étouffent de nombreux ménages, elles représentent « aussi un défi important pour les finances publiques », conclut le gouvernement. /sbm-aju












