Un nouveau plan d’action cantonal neuchâtelois de lutte contre les violences domestiques met l’accent sur la prévention, la protection des enfants, l’accompagnement des victimes et le suivi des auteurs. Le bracelet électronique sera utilisé pour la première fois en Suisse romande.
De gauche à droite : Simon Baechler, chef de la police judiciaire, Céline Vara, conseillère d'État (DSDC), Florence Nater, conseillère d'État (DECS) et Thomas Perret, co-chef de l'office de la politique familiale et de l'égalité, ont présenté le nouveau plan cantonal contre les violences domestiques.
En 2025, 678 infractions de violence domestique ont été enregistrées dans le canton de Neuchâtel. Un nombre en hausse, à mettre en lien avec une lutte plus active contre de tels actes et, donc, de plus nombreuses dénonciations.
Après un premier plan, couvrant les années 2022 à 2026, le Canton de Neuchâtel veut mettre les bouchées doubles et prévoit un deuxième plan cantonal pour les années 2027-2031. L’accent est mis sur la prévention, la protection des victimes, mais aussi l’accompagnement et le suivi des auteurs. Le premier plan d’action a vu la création d’une brigade dédiée au sein de la Police neuchâteloise, ainsi que d’un Centre neuchâtelois de médecine des violences. Florence Nater, conseillère d’Etat en charge du Département de l’économie et de la cohésion sociale, tire un bilan positif du premier plan d’action, tout en lui reconnaissant certains manques. « On a identifié des manques, s’agissant par exemple de l’accompagnement des enfants. Aujourd’hui, on doit pouvoir mieux les accompagner », souligne-t-elle.
Florence Nater : « On ne peut pas prétendre qu’on va ainsi totalement éradiquer la violence domestique. »
Pour pallier ces manques, le Canton prévoit donc de débloquer 13,5 millions de francs sur cinq ans, ainsi qu’une augmentation du personnel oeuvrant dans cette lutte contre les violences domestiques à 14 équivalent plein temps d’ici 2031. Un plan ambitieux, selon Florence Nater : « cela montre une détermination du Conseil d’Etat et du côté du Grand Conseil, il y a aussi une volonté que le Canton soit plus actif dans cette lutte ».
« La violence domestique, aujourd’hui, elle a un coût pour la société. »
Un accent prononcé sera mis sur la prévention, mais aussi sur le renforcement du dépistage, afin de détecter au plus vite des risques de violence domestique. Pour lutter au mieux contre le phénomène, la Police neuchâteloise sera également dotée de nouveaux moyens, tels que des bracelets électroniques, une première en Suisse romande. D’autres cantons devraient suivre ces prochains mois, mais Neuchâtel pourra les utiliser dès le mois prochain.
Au total, cinq bracelets seront disponibles. « On a le sentiment que cinq bracelets c’est suffisant », précise Céline Vara, Conseillère d’Etat en charge de la sécurité, « si nous avons besoin de plus de bracelets, nous en acquerrons davantage. »
Céline Vara : « C’est vraiment en dernier recours, juste avant la détention. »
Le Canton de Neuchâtel souhaite, à travers cette lutte, éviter de nouveaux drames, comme le triple assassinat survenu à Corcelles, en août 2025. Si Céline Vara reconnaît qu’il a constitué un énorme choc, elle précise que « le travail très intense avait déjà commencé en amont, dès le début de la législature ».
« Cet événement tragique a fait prendre conscience qu’aujourd’hui, on ne peut plus attendre. »
Certaines mesures, jugées urgentes et dans la capacité d’action du Conseil d’Etat, ont d’ores et déjà été mises en œuvre. D’autres doivent toutefois attendre une validation de la modification des bases légales, notamment de la loi sur la police. Le Grand Conseil devra donc se pencher sur le rapport du Conseil d’Etat avant leur adoption. Une décision attendue pour le printemps prochain. /bla








