Rien de bien réjouissant dans le ciel économique neuchâtelois

L’enquête de la CNCI relève que les perspectives sont sombres, notamment dans le secteur industriel ...
Rien de bien réjouissant dans le ciel économique neuchâtelois

L’enquête de la CNCI relève que les perspectives sont sombres, notamment dans le secteur industriel. Globalement, les investissements sont en berne, mais pour l’heure les entreprises neuchâteloises n’envisagent pas de licencier.

Le secteur industriel d'exportation, notamment des machines, ici Mikron à Boudry, va encore souffrir ces prochains mois, selon l'enquête de la CNCI. Le secteur industriel d'exportation, notamment des machines, ici Mikron à Boudry, va encore souffrir ces prochains mois, selon l'enquête de la CNCI.

Elles tirent la langue, les entreprises de la région. C’est ce qui ressort de l’enquête de la Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie publiée en fin de semaine dernière. 258 entreprises ont répondu à la CNCI sur une période allant du 10 septembre au 28 octobre. Les sociétés industrielles sont les plus impactées par la morosité. Près de la moitié considère la marche des affaires comme « médiocre à mauvaise ». « Actuellement, la situation est extrêmement difficile, et ceci depuis une année, une année et demie. Les droits de douane américains sont venus s’ajouter, mais n’ont pas provoqué cette situation difficile », souligne Florian Németi, directeur de la CNCI. « Les problèmes viennent de la faiblesse du marché chinois, de la faiblesse de certains marchés en Europe comme l’automobile, mais aussi désormais de certaines difficultés sur le marché américain. » 

Florian Németi : « Tous ceux qui vendent au secteur automobile sont très impactés. »

Ce contexte morose va-t-il engendrer des licenciements dans le canton ? « Étonnamment dans notre enquête, cela ne ressort pas tellement », rassure Florian Németi. Pour le moment, c’est encore la stabilité des effectifs qui prévaut. « Mais si la situation négative se prolonge, on peut craindre un certain nombre de licenciements parce qu’on ne peut pas éternellement garder les gens au chômage partiel. »

« Une très large majorité d’entreprises souhaite conserver leur personnel, mais ne prévoit pas d’engager. »

« Le niveau d’investissements envisagé est le plus faible depuis 2017 », renchérit Florian Németi. « Et entre deux, on a quand même eu le Covid et nous sommes passés par une crise d’approvisionnement énergétique. »

« C’est un signal très négatif qui montre que les entreprises sont en attente voire ont mis le pied sur la pédale de frein. »

La résilience pour s’en sortir

Cette instabilité pousse les entreprises industrielles à prendre les devants pour s’adapter à la situation. « Il y a deux axes très importants : le premier, c’est la diversification des produits. Le second, c’est de se diversifier géographiquement », explique le directeur de la CNCI.

« Rechercher des relais de croissance dans des pays assez proches de chez nous, comme l’Italie, l’Espagne ou les pays du nord. »

Trop de paperasse

Les entreprises qui ont participé à l’enquête se plaignent également de la surcharge administrative. Celle-ci est particulièrement forte au sein des petites entreprises qui doivent consacrer cinq fois plus de temps par collaborateur que les plus grandes. Une surcharge de travail générée par les règlementations étatiques, telles que les assurances sociales, les taxes, dont la TVA, les impôts ou encore les normes environnementales. Retrouvez tous les détails de l’enquête de la CNCI ici. /jpp