Si les CCT devaient primer sur le salaire minimum neuchâtelois, il y aurait des conséquences négatives pour certains secteurs. Celles et ceux qui travaillent dans la coiffure ou l’hôtellerie et la restauration, par exemple, pourraient voir leur rémunération baisser, ce qui ferait augmenter l’aide sociale dans le canton, prévient Florence Nater.
Les attaques fédérales sur le salaire minimum neuchâtelois, approuvé en votation populaire en 2011, inquiètent une partie du Grand Conseil. Mardi, une interpellation des groupes socialiste et VertPOP a demandé au Conseil d’État de faire entendre sa position sur différents points. Le 17 juin dernier à Berne, le Conseil national a accepté un projet de loi qui vise à faire primer les conventions collectives de travail (CCT) sur le salaire minimum cantonal. Le Conseil des États votera sur le sujet lors de sa prochaine session.
Parmi les questions qui figurent dans l’interpellation, celle du bilan. « Le salaire minimum est en fonction depuis sept ans dans le canton de Neuchâtel. Et on constate que son application se fait sans difficultés particulières. Il est très bien assimilé et accepté par les employeurs », relève Florence Nater, conseillère d’État en charge de l’économie et de la cohésion sociale.
Florence Nater : « Le salaire minimum a aussi certainement contribué à une baisse des dépenses de l’aide sociale. »
La gauche du Grand Conseil note que cet objet est une attaque à la fois contre les principes démocratiques et contre le fédéralisme. Et si le parlement valide le principe de la primauté des conventions collectives de travail, il y aura des conséquences dans le canton de Neuchâtel, comme l’explique Florence Nater : « Elles portent particulièrement sur les CCT de portée étendue, qui ont une portée nationale. Les secteurs identifiés sont ceux de l’hôtellerie, de la restauration ou de la coiffure. Il pourrait donc y avoir des baisses de salaires pour un certain nombre de travailleuses et de travailleurs dans ces branches. »
« Il faudrait renégocier certaines CCT à la hausse pour éviter que certaines personnes recourent à l’aide sociale afin de compléter leur situation financière. »
À noter que 25 cantons sur 26 se sont prononcés en défaveur de ce projet de loi qui vise à faire primer les CCT sur les salaires minimaux cantonaux. /jpp













