Les habitants du canton de Neuchâtel ont moins recours à l’aide sociale. Le taux a nettement reculé en 2023, à 5,9%. Un chiffre encourageant qui cache des aspects plus préoccupants, selon le Rapport social.
La proportion de personnes à l’aide sociale est en diminution dans le canton de Neuchâtel. C’est ce que montrent les statistiques officielles, fédérales comme cantonales. Selon les chiffres de l’Office fédéral de la statistique, le canton se trouve dans une position paradoxale : il enregistre une baisse importante de la population qui bénéficie de l’aide sociale, mais se classe tout de même parmi les régions les plus concernées par le phénomène. Le taux était de 5,9% à la fin 2023 – le deuxième plus mauvais résultat après Genève, mais un chiffre qui reflète une tendance à la baisse ces dernières années. En 2017, 7,5% des Neuchâtelois étaient à l’aide sociale.
Une réalité qui fait l’objet d’une analyse plus fine de la part des autorités cantonales. Comme tous les deux ans, l’État de Neuchâtel sort son Rapport social. La mouture 2023 a été publiée mercredi matin.
Les auteurs de l’analyse confirment cette érosion du recours à l’aide sociale depuis 2017. Une évolution à mettre en parallèle à celle du taux de chômage, en recul au cours de la même période. En 2023, 10’340 personnes ont bénéficié d’un appui financier pour subvenir à leurs besoins. En règle générale, les mineurs, les étrangers, les divorcés et les personnes sans formation professionnelle sont les plus exposés au risque de dépendre de ce dernier filet de sécurité, à plus forte raison encore lorsque ces facteurs sont cumulés.
La croissance ne profite pas à tout le monde
Près de 15% de la population neuchâteloise vit au-dessous du seuil de pauvreté relatif, observe le rapport. Une proportion plutôt stable ces dernières années, et qui se situe sous la moyenne nationale, qui était de 15,6% selon les chiffres de 2022.
Le Rapport social passe au crible toutes les différentes formes d’assistance financière. Ainsi, pendant que le taux d’aide sociale baisse, les demandes de subsides pour les primes d’assurance maladie augmentent. Une évolution qui reflète l’érosion du pouvoir d’achat causé par la situation internationale, et les mesures prises par le Conseil d’État pour faire face à cette situation. En parallèle, des institutions comme le Centre social protestant ou Caritas constatent également que les demandes d’aide de la part des segments les plus fragiles de la population augmentent.
En prenant du recul, le Service de l’action sociale dresse un constat : l’amélioration de la situation socio-économique dans le canton de Neuchâtel ces dernières années a avant tout profité aux individus bénéficiant d’un revenu annuel supérieur à 30'000 francs. En ce qui concerne les autres, la dynamique ne semble pas sensiblement améliorer leurs conditions de vie. /comm-jhi









