Le législatif a validé à l'unanimité mardi l'exercice qui boucle sur un bénéfice de 1,7 million de francs. La gauche regrette une certaine politique de l'écureuil, tandis que la droite prône la prudence.
Des débats sans vagues autour des comptes 2023 de l’État de Neuchâtel. Le Grand Conseil a validé mardi, à l'unanimité, l’exercice qui boucle sur un bénéfice de 1,7 million de francs. Comme le Conseil d’État, les députés ont relevé que ce résultat positif était avant tout dû à la bonne conjoncture, avec des recettes fiscales plus élevées que prévu de 102,9 millions de francs. Le budget 2023 tablait sur un déficit de 13,6 millions de francs.
Entre prudence et alarmisme jugé exagéré
Le groupe socialiste, par la voix de Corine Bolay Mercier, a regretté cet écart entre budget et comptes, ainsi que la position alarmiste affichée lors des débats budgétaires.
Corine Bolay Mercier : « Il y a beaucoup d’endroits où nous aurions pu investir pour le pouvoir d’achat des Neuchâtelois. »
Crystel Graf, a rétorqué que le budget était constitué « des prévisions les plus vraisemblables à un moment donné ». A ses yeux, la prudence reste de mise au vu de la dette qui continue d’augmenter. Pour Crystel Graf, il faudra ainsi continuer de fournir des efforts pour maintenir la dynamique positive amorcée.
Ces inquiétudes sont partagées par la droite de l’hémicycle. Pour Quentin Di Meo, du groupe PLR, cette haute conjoncture aurait dû donner lieu à davantage de bénéfices. Par ailleurs, ces « recettes fiscales ne sont pas acquises », rappelle-t-il.
Quentin Di Meo : « On doit garder dans nos réserves un certain coussin pour les prochaines années qui s’annoncent d’ores et déjà compliquées. »
Pour le député UDC Quentin Geiser, « il faut arrêter d’augmenter la dette ». Celle-ci est en hausse de 24,3 millions de francs par rapport à 2022 et atteint désormais 1,8 milliard de francs. Quentin Geiser déplore aussi des EPT en hausse dans l’administration publique. Le groupe Vert’libéral-Le Centre, par la voix de Mireille Tissot-Daguette, a relevé que seuls deux critères sur trois du frein à l’endettement sont respectés.
Population précarisée et institutions de santé au cœur des préoccupations de la gauche
Dans les rangs du groupe VertPOP, l’inquiétude se porte davantage sur la situation des personnes dont la précarité s’accroît, ainsi que sur les institutions de santé qui affichent d’importantes difficultés financières, selon la députée Christine Ammann Tschopp. Du côté des socialistes, Corine Bolay Mercier a également pointé du doigt des dépenses amputées en matière de subsides maladie (4,4 millions de francs déboursés contre 7 millions affichés au budget) et de plan climat. En réponse, Crystel Graf a déclaré : « Vous ne convaincrez pas le Conseil d’État de dépenser à tout va », expliquant notamment les investissements moindres pour le plan climat par des retards.
Il faut relever toutefois que le volume net d’investissements de 86,2 millions de francs réalisé l’an dernier est « le plus élevé depuis 2008 », selon le gouvernement. /sbm-jpp













