Des comptes 2023 positifs pour l’Etat de Neuchâtel

L’Etat de Neuchâtel reste dans les chiffres noirs pour la quatrième année consécutive. Les ...
Des comptes 2023 positifs pour l’Etat de Neuchâtel

L’exercice 2023 se solde par un bénéfice de près de 1,7 million de francs, alors que le budget tablait sur un déficit de 13,6 millions de francs

L’Etat de Neuchâtel reste dans les chiffres noirs pour la quatrième année consécutive. (Photo : archives) L’Etat de Neuchâtel reste dans les chiffres noirs pour la quatrième année consécutive. (Photo : archives)

L’Etat de Neuchâtel reste dans les chiffres noirs pour la 4e année consécutive. Les comptes 2023 bouclent sur un bénéfice de 1,684 million de francs, alors que le budget prévoyait un excédent de charges de 13,6 millions de francs. Le Conseil d’Etat explique ce résultat notamment par la bonne conjoncture qui a conduit à des recettes fiscales plus élevées que prévu de 102,9 millions de francs. À ce montant s’ajoutent encore 30,6 millions de francs de plus qu’imaginé en lien avec la part cantonale à l’impôt fédéral direct. Le Canton profite ainsi de cette période de plein emploi, avec un taux de chômage bas, analyse la conseillère d’Etat en charge des finances, Crystel Graf.

Crystel Graf : « Une bonne surprise liée à une conjoncture assez exceptionnelle »

Grâce à cette situation, plusieurs réserves ont pu être alimentées. À la fin de l’année dernière, la réserve de politique conjoncturelle a même atteint le montant maximum autorisé qui est de 120,1 millions de francs.

Plusieurs éléments ont pourtant péjoré l’exercice 2023, comme la crise ukrainienne, la crise énergétique et la tempête du 24 juillet qui a frappé les Montagnes neuchâteloises. Le surcoût lié à ces trois éléments est évalué à 13 millions de francs.

Le gouvernement neuchâtelois n’a par ailleurs pas pu bénéficier d’un versement de la Banque nationale suisse (BNS), alors qu’il misait sur un montant de 27,3 millions de francs. Le Canton a également débloqué un crédit supplémentaire de 34,5 millions de francs pour soutenir les institutions de santé et pour compenser le renchérissement sur les salaires.

La conseillère d'Etat neuchâteloise Crystel Graf au moment de présenter les comptes 2023. La conseillère d'Etat neuchâteloise Crystel Graf au moment de présenter les comptes 2023.

Les investissements les plus élevés « depuis 2008 »

L’an dernier, les investissements se sont élevés à 86,2 millions de francs. Le montant est moins important que celui qui était budgété (117,8 millions de francs), mais le Conseil d’Etat indique qu’il s’agit du volume net d’investissements « le plus élevé depuis 2008 ».

Le frein à l’endettement n’est en revanche qu’à moitié respecté. Le degré d’autofinancement minimum des investissements, qui doit être de 70%, n’est pas tenu. Il se monte à 55,27%. Le niveau minimum des investissements, qui doit s’élever à 3,5% des revenus déterminants, est lui atteint.

Il faut relever encore que la dette se monte désormais à 1,8 milliard de francs, en hausse de 24,3 millions de francs par rapport à 2022.

Trois domaines en particulier constituent l’essentiel des charges de l’Etat. Patrick Aubry, chef du Service financier, évoque la formation (420 millions de francs), la santé (428,3 millions de francs) et la prévoyance sociale (374,8 millions de francs).

Patrick Aubry : « La formation, la santé et la prévoyance sociale » à l'origine des principales dépenses de l'Etat

Avenir jugé incertain

Pour le Conseil d’Etat, « les perspectives restent incertaines ». Il appelle au « maintien d’une grande rigueur », même si le résultat 2023 est jugé solide. Aux yeux de Crystel Graf, il faut maintenir l’effort pour faire face aux défis à venir, tels que le vieillissement de la population et la hausse des dépenses en matière de santé ou en faveur du climat, dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat.

Crystel Graf : « Les défis arrivent en nombre »

« Cette situation doit inciter l’Etat à mener une politique financière à la fois prudente et proactive », également pour faire face aux aléas conjoncturels, conclut le gouvernement.

Les conditions financières détermineront par ailleurs si une deuxième baisse d’impôts de 1% est possible en 2025 ou non. /comm-sbm


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