Une baisse d’impôts qui divise

Présenté par le Conseil d’État pour 2024, le texte tiraille la commission parlementaire « fiscalité ...
Une baisse d’impôts qui divise

Présenté par le Conseil d’État pour 2024, le texte tiraille la commission parlementaire « fiscalité ». Celle-ci a rendu lundi ses conclusions en vue de la prochaine session du Grand Conseil neuchâtelois. À gauche, la proposition d’un allègement de 1% de la pression fiscale ne séduit pas

Les députés vont devoir décider si la population neuchâteloise paiera moins d'impôts en 2024. (Photo libre de droits). Les députés vont devoir décider si la population neuchâteloise paiera moins d'impôts en 2024. (Photo libre de droits).

Les débats risquent d’être houleux lors de la session parlementaire du Grand Conseil neuchâtelois. En plus du vote sur le budget 2024, les députés devront également se prononcer les 5 et 6 décembre sur une baisse d’impôts pour le contribuable. Le Conseil d’État a en effet proposé d’abaisser de 1% la charge fiscale des personnes physiques l’an prochain. La commission « fiscalité » du législatif cantonal a rendu son rapport sur le sujet lundi. Un rapport qui montre une division claire entre la gauche et la droite.


La gauche peu enthousiaste, la droite et le centre saluent

Les commissaires du groupe Vert POP considèrent que le projet du Conseil d’État est incohérent, car la situation financière précaire du canton ne permet pas cette marge de manœuvre. Du côté socialiste, cet abaissement de la charge fiscale n’est pas accueilli avec le plus grand enthousiasme non plus. On considère qu’il risque de favoriser plutôt les classes plus aisées de la population. Pour éviter ce scénario, les socialistes proposent un amendement qui corrige la progression à froid à hauteur de 1,5% et qui favoriserait plutôt les classes moyennes et classes moyennes supérieures. Selon eux, cette proposition permettrait ainsi aux personnes, qui ont vu leur salaire être indexé à la hausse du coût de la vie, de ne pas être taxées selon un taux plus élevé. Le coût de cette mesure serait de 5,4 millions de francs par année, un montant à la charge du canton.

Du côté des représentants de la droite et du centre, le projet proposé par le Conseil d’État est à saluer. Pour eux, cette décision représente une prise de risque mesurée et un bon signal pour le contribuable neuchâtelois. Pour les commissaires de la droite et du centre, la proposition de l’exécutif cantonal a de plus l’avantage d’être temporaire, contrairement à l’amendement socialiste.


Plusieurs consignes de votes

Le rapport relève que les débats sur cette baisse d’impôts ont aussi été conditionnés par les négociations menées en parallèle au budget 2024 du Canton. Dans ce contexte, le vote a été très serré. À 6 voix contre 5 et 2 abstentions, la commission propose donc au Grand Conseil d’accepter le projet avec l’amendement socialiste, soit une correction de la progression à froid de 1,5%. Le parti à la rose a donné la même consigne. Du côté des Verts et du POP, on appelle à rejeter les deux textes, mais avec une préférence pour le projet amendé. Enfin, les groupes de droite et les Verts libéraux ont décidé d’apporter leur soutien à la version proposée par le Conseil d’État. À noter que le Centre, par la voix de sa présidente Nathalie Schallenberg, nous a expliqué ne pas encore avoir arrêté de consigne de vote sur ce sujet. /dpi


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