Primes maladie : la jungle des modèles

Pour limiter la hausse, les assurances rivalisent de modèles alternatifs. Chaque année, elles ...
Primes maladie : la jungle des modèles

Pour limiter la hausse, les assurances rivalisent de modèles alternatifs. Chaque année, elles mettent de nouveaux modèles sur le marché. Pas facile de s’y retrouver, même pour les courtiers en assurances

Après la hausse de 9,8% des primes l'an prochain dans le canton de Neuchâtel, beaucoup d'assurés songent à changer des caisse maladie. (Photo : KEYSTONE / Christian Beutler). Après la hausse de 9,8% des primes l'an prochain dans le canton de Neuchâtel, beaucoup d'assurés songent à changer des caisse maladie. (Photo : KEYSTONE / Christian Beutler).

Vous songez peut-être à changer de caisse maladie à la suite de l’annonce des augmentations des primes maladie ? Mais quel modèle choisir ? Chaque année, les caisses rivalisent d’ingéniosité pour proposer des alternatives moins chères, mais aussi plus contraignantes. Jusque-là, rien de bien méchant. Mais encore faut-il comprendre le modèle choisi. Une tâche qui s’avère compliquée même pour les initiés.

Manuel Pomeranz, conseiller financier chez Shansa à Bevaix, explique qu’avec la hausse des primes, « on a entre 300 et 400% d’augmentation de clients qui veulent changer de caisses LAMal. On a dû engager une personne supplémentaire qui ne s’occupe que de cela. » Le fait qu’Assura ne soit plus la caisse la moins chère et que plus de 50% des Neuchâtelois y sont affiliés, n’est pas étranger à cette augmentation de demandes. La recrudescence du nombre de modèles complique aussi la tâche des courtiers en assurances. « Chaque année de nouveaux modèles arrivent sur le marché. À l’époque, les caisses maladie avaient deux à trois modèles, maintenant elles en ont entre cinq et dix. (…) Et plus le modèle est compliqué, plus il sera économique. » Lorsqu'il conseille ses clients, Manuel Pomeranz prend en compte trois critères: le coût de la prime, le service proposé par la caisse et la facilité du modèle. 

Certains de ces modèles ne proposent plus la consultation chez des médecins, mais des applications sur lesquelles les assurés postent une photo de leur problème, qui peut ensuite être analysé par une intelligence artificielle. Déménager peut aussi engendrer de grandes complications, car il n’est pas possible de changer de caisse en cours d’année. « On peut se retrouver dans un canton où le modèle choisi n'existe pas. »

Manuel Pomeranz, conseiller financier chez Shansa à Bevaix

 

La jungle des modèles alternatifs

Comprendre ces modèles n’est pas toujours aisé, même pour les courtiers. « Et quand on appelle nos partenaires (ndlr: les caisses maladie) pour comprendre comment ils fonctionnent, malheureusement dans la plupart des cas, ils ne savent pas trop. Parce que eux aussi à l’interne n’ont pas été trop formés. (…) Donc on a aussi ce grand problème de comprendre ce que l’on doit expliquer au client. » Manuel Pomeranz a même été confronté à une situation où il n’a jamais eu de réponse quant au fonctionnement d’un modèle. Il ne prend donc aucun engagement si son client décide de le choisir.

Pour lui, il est important maintenant d’arrêter de jouer au jeu des caisses maladie. « Essayons de choisir une caisse maladie qui est assez stable pour ne pas passer du podium des cinq moins chères à la cinquantième place l’année suivante. (…) Cherchons une caisse maladie qui nous évite de changer chaque année avec à la clé une paperasse administrative pas possible. (…) Et si on arrête de changer chaque année de LAMal, peut-être qu’ils vont trouver une façon différente de gérer ces primes ».

Les courtiers en assurance sont aussi pointés du doigt quant à l’augmentation des primes, puisqu’ils sont payés par les assurances pour les contrats réalisés. Manuel Pomeranz réfute « nous on est perdants. On empoche quelques dizaines de francs (ndlr: pour l’assurance LAMal), mais on doit le restituer si l’assuré change une nouvelle fois de caisse l’année suivante ». /sma


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