Le 29 août, le Conseil général de la Métropole horlogère se prononcera sur une demande de crédit extraordinaire de 11,7 millions de francs pour essuyer les premières dépenses liées à la tempête du 24 juillet. Des coûts qui pourraient engendrer du retard dans certains projets en cours ou à venir
La tempête du 24 juillet planera encore longtemps sur les esprits et les finances de La Chaux-de-Fonds. Un mois après la catastrophe, les autorités s’apprêtent à soumettre au Conseil général un rapport urgent, afin d’obtenir un crédit extraordinaire de 11,7 millions de francs pour éponger une partie des coûts causés par la tempête.
Une première enveloppe qui pourrait en appeler d’autres à en croire l’ancien conseiller général chaux-de-fonnier, Frédéric Hainard, qui estime que « ce crédit sera largement insuffisant pour faire face aux besoins ».
Des coûts et leurs conséquences
Ces millions de francs engagés dans l’urgence et de manière imprévue pour couvrir les coûts de la tempête auront-ils une influence sur les investissements futurs de La Chaux-de-Fonds ? « Il n'est pas question de sacrifier des investissements qui étaient envisagés avant la crise », rassure Jean-Daniel Jeanneret, conseiller communal en charge des finances.
Les Mélèzes en sursis ?
Projet phare de ces prochaines années dans la Métropole horlogère : la rénovation de la patinoire des Mélèzes. Un crédit de plusieurs dizaines de millions de francs doit être validé ces prochains mois par le Conseil général. « La tempête ne change rien, nous sommes dans les temps pour terminer l’ouvrage en 2025 », affirme Jean-Daniel Jeanneret. Un optimisme que ne partage pas Frédéric Hainard : « Si ce n’est pas le projet de la patinoire qui est mise à mal, c’est d’autres investissements qui seront impactés ».
Le Conseil général pour trancher
Reste que c’est bien le législatif qui, d’ici la fin de l’année, devra se pencher sur la question. Fera-t-il de ce nouveau Centre de glace une priorité après la catastrophe qui a frappé la Ville ? Contactés, plusieurs groupes du Conseil général abondent dans ce sens. La verte libérale, Brigitte Leitenberg explique par exemple que « la tempête ne doit pas remettre en question cet important projet », en précisant que « d’autres investissements moindres pourraient par contre être retardés ».
Manque de forces vives
Si les finances semblent, pour l’heure, ne pas être un frein direct à la réalisation des projets chaux-de-fonniers, la main-d’œuvre pourrait rapidement devenir le problème principal. « De nombreux services sont encore à pied d’œuvre pour réparer les dégâts de la tempête, et ces projets demandent des ressources humaines. On pourrait atteindre une limite », précise Pierre-Alain Borel, conseiller général socialiste à La Chaux-de-Fonds. Pour Jean-Daniel Jeanneret, c’est bien cet élément qui pourrait poser problème :
Soutien financier comme donnée manquante
Une chose est sûre, même si l'ECAP a rapidement pu estimer les dégâts aux bâtiments entre 70 à 90 millions de francs, il est encore trop tôt pour estimer les coûts détaillés de la tempête pour la Métropole horlogère. Et la Ville, qui a ouvert trois comptes bancaires pour obtenir des soutiens financiers, ne connaît pas encore les montants que pourraient lui accorder les assurances, les privés, le Canton ou la Confédération. Cette dernière devrait « aux dernières nouvelles, plutôt se concentrer sur la gestion des forêts que sur le financement des travaux de reconstructions », regrette Jean-Daniel Jeanneret.
Pourtant, sous la coupole, on essaye de faire bouger les choses : « On prépare plusieurs demandes qui seront déposées ces prochaines semaines. Il existe notamment un fond d’aide en cas de catastrophe, destiné aux personnes non couvertes par les assurances », explique le conseiller national chaux-de-fonnier vert, Fabien Fivaz. « Mais même si une aide financière est finalement accordée, sa distribution peut prendre beaucoup de temps », conclut-il. /cwi-gjo










